Le ministère de l'économie a saisi l'Autorité de la concurrence pour contrôler les liens entre les centrales de réservation en ligne, comme Booking et Expedia, et les professionnels du secteur hôtelier. Les premiers sont en effet pointés du doigt pour les conditions qu'ils demandent aux seconds.

La pression s'accroît sur les centrales de réservation dédiée à l'hôtellerie. Vivement critiquées par les professionnels du secteur, ces plateformes feront l'objet d'un contrôle de l'autorité de la concurrence, sur demande du ministère de l'économie. L'instance devra en particulier examiner la nature des relations entre les hôteliers et les centrales et clarifier les pratiques existantes.

"L'Autorité de la concurrence expertisera la demande des acteurs hôteliers, visant à imposer aux centrales de recourir exclusivement à un contrat de mandat, ce qui leur interdirait d'agir sur les prix de vente au public et contribuerait à la transparence en matière tarifaire", précise le communiqué rédigé par les services du ministre de l'économie, Emmanuel Macron.

Plus généralement, l'Autorité de la concurrence est invitée à "faire toutes les recommandations qu'elle jugera utiles pour améliorer le fonctionnement concurrentiel du marché". En filigrane, il s'agit pour le gouvernement de sécuriser le secteur de l'hôtellerie face à l'émergence des plateformes de réservation de grande taille, qui peuvent être tentées d'imposer leurs conditions aux hôtels qu'elles référencent.

Cette saisine s'ajoute à l'assignation en justice visant Booking et Expedia, deux grands sites de réservation en ligne, pour des clauses qui entravent "significativement la liberté commerciale et tarifaire des hôtels". Arnaud Montebourg, alors en charge du redressement productif, estimait que l'attitude de ces centrales "nuit à la compétitivité du secteur hôtelier […] et aux consommateurs".

Pour ne rien arranger, Booking est en train de subir actuellement une enquête des services fiscaux de l'État, qui a démarré il y a plusieurs mois déjà. Il est reproché à la société d'avoir mis en place un montage visant à limiter son imposition en France, en limitant les activités de la branche française de la société a un simple support, tandis que les réservations sont gérées à l'étranger.

( photo : CC BY Marco Del Torchio 95 )

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