Google X a démarré des recherches visant à développer une pilule à ingérer contenant des nanoparticules, dont la mission est de détecter les premiers signes d'un cancer. L'information serait ensuite relayée à un accessoire connecté doté de capteurs spéciaux. Google prévient qu'il faudra au moins cinq ans avant qu'un prototype ne voit le jour.

Google se rêve-t-il en sauveur de l'humanité ? La firme de Mountain View est en tout cas bien décidée à venir en aide aux hommes sur le plan médical. En effet, le géant du net s'est lancé ces dernières années dans plusieurs projets qui sont décidément très éloignés de sa vocation première, à savoir le référencement et l'organisation de tout le savoir disponible sur Internet.

Les exemples ne manquent pas. Dans le seul domaine de la santé, Google a investi dans la société de bio-ingénierie 23andMe, qui analyse l'ADN pour déterminer si, et dans quelle mesure, les facteurs génétiques du patient l'exposent à certaines maladies.  Google a également créé Calico, une société qui veut tout simplement prolonger la vie humaine en luttant contre la vieillesse et la maladie.

Moins spectaculaire mais néanmoins très prometteur, Google a présenté en début d'année un prototype de lentilles permettant d'aider les diabétiques en mesurant le taux de glycémie dans le sang via l'analyse du glucose dans les larmes. Plus récemment, Google a mis la main sur des cuillères anti-tremblement, qui changent la vie des personnes souffrant de la maladie de Parkinson.

Google contre le cancer

Aujourd'hui, Google veut aller plus loin encore. L'entreprise compte en effet développer des pilules à ingérer contenant des nanoparticules. Leur rôle ? Se répandre dans le corps pour repérer d'éventuelles cellules cancéreuses. Ainsi, la détection d'un cancer pourrait se faire très en amont, facilitant sa prise en charge par les médecins tout en augmentant les chances de survie du patient.

Évidemment, le projet de Google n'en est qu'à ses balbutiements. L'entreprise indique qu'il lui faudra au moins cinq ans (un délai qui paraît très optimiste) pour créer un produit validé par le corps médical. Mais après tout, la finesse de gravure dans les microprocesseurs n'est-elle pas déjà de l'ordre du nanomètre ? D'autant qu'il existe déjà des travaux dans ce domaine.

La détection des cellules dégénérescentes ne sera évidemment pas la seule application offerte par ces comprimés d'un nouveau genre. Les nanotechnologies pourraient détecter d'autres maladies. L'information serait ensuite transmise par des signaux inoffensifs vers un objet connecté doté de capteurs spéciaux. Ces derniers pourraient même figurer un jour dans un smartphone grand public.

Quid des données collectées ?

Il n'est toutefois pas certain que cette technologie, qui sera une réalité médicale à moyen terme, soit aisément acceptée par la population. L'univers des nanotechnologies véhicule en effet de nombreux fantasmes, véhiculés notamment par les romans de science-fiction, et l'on peut comprendre que l'idée d'absorber des nanoparticules puisse être déstabilisante ou révoltante.

En outre, se pose la question de l'utilisation des données collectées une fois le comprimé avalé. Interrogé par The Telegraph, le docteur en biologie moléculaire Andrew Konrad, qui dirige la branche "science de la vie" au sein de Google X, a assuré que Google ne collectera ni ne stockera la moindre donnée médicale. Il licenciera en fait cette technologie à d'autres, qui devront gérer ces informations et leur sécurité.

"Nous sommes les inventeurs de cette technologie, mais nous n'avons aucun projet de commercialisation ou de monétisation de ce type. Ce ne sont pas des appareils grand public. Ce sont des dispositifs médicaux et vous savez que les relations entre le médecin et son patient sont assez particulières et ne devraient en aucune façon impliquer Google", a-t-il indiqué à la BBC.

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