Suite aux décisions de Google et d'Apple en matière de chiffrement des smartphones, un député sollicite le gouvernement pour qu'il s'y oppose. Il estime que les nouvelles mesures annoncées ou mises en place pour Android et iOS risque d'entraver le bon déroulement des enquêtes.

Avec la mise à jour iOS 8, Apple a dévoilé des changements d'importance en matière de sécurité. La plus importante concerne l'accès aux données de l'iPhone. Selon la firme de Cupertino, il n'est plus possible de contourner le mot de passe du téléphone pour consulter son contenu, et donc de les extraire pour le gouvernement, même dans le cas d'un mandat.

Saluée par les défenseurs des libertés publiques comme l'union américaine pour les libertés civiles et diverses autres personnalités et organisations, la décision d'Apple de renforcer la protection des données stockées sur un iPhone a aussi provoqué de vives critiques, parmi lesquelles se trouvent celles du directeur du FBI, de l'ex-procureur général américain et de divers responsables gouvernementaux.

Dernièrement, la polémique a gagné le Vieux Continent puisque le directeur du centre européen de lutte contre la cybercriminalité s'est inquiété des conséquences inattendues qu'une telle mesure pourrait avoir sur le bon déroulement d'une enquête judiciaire. Selon lui, la décision d'Apple, si elle est de prime abord attrayante, pourrait poser de graves difficultés à la justice.

La controverse gagne la France

En France, la nouvelle politique d'Apple (et par extension celle de Google à l'égard d'Android, bien qu'elle ne soit pas encore effective) interpelle également. Le député Damien Meslot (UMP) a ainsi adressé une question écrite au ministre de l'intérieur, Bernard Cazeneuve, pour lui demander tout simplement de s'opposer au chiffrement des données sur les smartphones.

Dans sa question, relayée sur Twitter par Benoît Tabaka, le parlementaire souligne "les risques d'entraves à la réalisation d'enquêtes de police visant à lutter contre la criminalité, suite à la mise en place par Apple d'une sécurité renforcée sur ses nouveaux iPhone 6 et 6 Plus", citant au passage les craintes manifestées par le directeur de la police de Chicago, le FBI, la NSA ou encore la CIA.

Reconnaissant que "les scandales liés à l'espionnage de données dévoilé via Wikileaks, ou le scandale du vol de photos intimes diffusées sur internet" ont permis de "réveiller l'opinion publique concernant les données privées", l'élu juge que les enquêteurs doivent pouvoir y accéder, car elles peuvent contenir "de précieux indices pour tracer les criminels, remonter des filières et démanteler des réseaux".

Le député sollicite donc le gouvernement sur "les mesures qu'il entend prendre pour empêcher que soit rendue plus difficile sinon impossible la lutte contre la criminalité passant par l'utilisation des nouveaux iPhone 6 et 6 Plus" afin que ces terminaux ne deviennent pas des "téléphones de choix pour les pédophiles", citant ainsi le directeur de la police de Chicago.

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