Comme aux États-Unis, les projets de chiffrement sur iOS et Android inquiètent en Europe. Le directeur du centre européen de lutte contre la cybercriminalité a expliqué que les forces de l'ordre devaient avoir accès aux informations lorsque la justice donne son feu vert. Il a plaidé en faveur de la vie privée, mais estimé qu'elle n'est ni absolue ni assimilable à l'anonymat.

Il n'y a pas qu'aux États-Unis que les récentes annonces de Google et d'Apple en matière de sécurité inquiètent. En Europe aussi, les autorités sont préoccupées par les initiatives des deux entreprises (le premier annonçant le déploiement du chiffrement par défaut sur Android L et le second expliquant avoir rendu inaccessible le contenu d'un terminal fonctionnant avec iOS 8).

"Le problème en ce moment, c'est qu'il semble y avoir une confusion entre l'anonymat et la vie privée. Nous voulons tous avoir de la vie privée et nous en avons tous besoin, mais cela ne signifie pas l'anonymat", a expliqué le directeur du centre européen de lutte contre la cybercriminalité (EC3), le Danois Troels Oerting, dont les propos ont été rapportés par The Register.

"Le chiffrement irréversible va rendre la tâche très difficile – peut-être même impossible – aux forces de l'ordre pour obtenir des preuves et je ne suis pas sûr que cette réalité soit limpide pour tout le monde", a-t-il poursuivi, tenant une ligne plus nuancée que celle de James Comey, le directeur du FBI, et Eric Holder, l'ancien procureur général des États-Unis, qui ont été beaucoup plus cinglants sur ce sujet.

Pour Troels Oerting, les sociétés démocratiques doivent permettre aux autorités d'accéder à certaines informations à partir du moment où un magistrat a donné son accord, que les suspicions sont suffisantes et que l'affaire revêt une certaine gravité (comme un crime ou du terrorisme). "Cela vaut pour le monde réel et cela devrait aussi s'appliquer dans le cyberespace", a-t-il défendu.

Craignant que "le chiffrement complet des communications et du stockage à distance va rendre la vie très facile pour les criminels et les terroristes", le directeur de l'EC3 considère que le juste équilibre entre sécurité et liberté doit être trouvé dans le cadre d'un "débat politique et éthique" sur les compromis que les citoyens sont prêts à faire ou non.

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