De multiples témoignes indiquent que la Chine a bloqué Instagram afin de censurer les manifestations à Hong Kong. De nombreux habitants de la ville sont descendus dans la rue pour défendre leur système politique et réclamer plus de démocratie.

Rétrocédée à la Chine en 1997, la ville de Hong Kong bénéficie d'un statut particulier hérité de la colonisation britannique. À la différence du reste du pays, le système politique est beaucoup plus démocratique et les libertés fondamentales sont mieux respectées. Jusqu'à présent, Pékin s'est accomodé de cette situation en acceptant le principe « d'un pays, deux systèmes ».

Mais pour l'élection du prochain chef de l'exécutif, qui aura lieu en 2017, les choses pourraient ne pas se dérouler comme d'habitude. En effet, le pouvoir central compte affermir son contrôle sur la cité en limitant la portée du suffrage universel. Mais l'ingérence de Pékin dans les affaires de la ville et ses tentatives de brider le processus électoral ont fini par excéder nombre de Hongkongais.

Depuis deux jours, la vie à Hong Kong est rythmée par le mouvement "Occupy Central with Love and Peace" lancé par Benny Tai Yiu-ting, un professeur agrégé de droit. Objectif ? Occuper pacifiquement le quartier d'affaires de la ville afin de montrer à Pékin que les habitants sont très attachés à l'organisation actuelle du système politique et qu'ils sont prêts à le défendre.

Sur les réseaux sociaux, de nombreux utilisateurs partagent des photos illustrant les évènements en cours et n'hésitent pas à donner leur avis sur l'attitude de Pékin ou sur les suites à donner au mouvement. Des mots-clés comme #OccupyCentral ou #HongKong sur Twitter permettent de suivre en détail l'actualité du mouvement et donnent une idée de son ampleur.

Mais ces informations sont en train d'être censurées en Chine.

Plusieurs témoignages publiés sur les réseaux sociaux suggèrent en effet que les autorités chinoises ont ordonné le blocage d'Instagram. Le site Blocked In China indique que les serveurs sont inaccessibles à Pékin, Shenzhen et dans plusieurs provinces. Idem du coté de GreatFire, qui indique que la censure du site de partage de photos a débuté le 28 septembre.

La Chine a une longue tradition de censure d'Internet, qu'elle considère comme une menace pour l'avenir de son régime politique Si Hong Kong jouit d'un statut vraiment à part, la Chine continentale doit composer avec un Internet filtré et aseptisé. Car le pouvoir central ne veut surtout pas que les aspirations hongkongaises donnent des idées aux Chinois et initient un second mouvement similaire à Tian'anmen.

C'est ce qu'explique Jean-Pierre Cabestan dans son ouvrage "La Politique Internationale de la Chine". La "stabilité du régime politique et, notamment, de la société" passe, "depuis le milieu des années 2000 [par le] contrôle de l'Internet et [par] la neutralisation par tous les moyens, y compris offensifs (attaques de sites "ennemis"), de l'information électronique perçue comme une menace pour la République populaire".

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