Amazon veut investir dans la domotique, et fantasmerait sur les possibilités d'une "maison truffée de capteurs", qui mettrait le consommateur toujours plus près de ses services marchands. 

La domotique, tous les industriels en parlent depuis plus de vingt ans, mais rares sont encore les foyers à en être équipés. Mais même sans s'en rendre compte, les consommateurs qui achètent de plus en plus d'objets connectés font entrer chez eux une domotique d'un nouveau genre, où ce ne sont plus seulement les éléments fondamentaux de la maison (chauffage, volets, portail…) qui sont pilotés par électronique, mais une quantité impressionnante d'appareils du quotidien.

Que ce soit les fours, les réfrigérateurs, les brosses à dents, les lits, les baignoires, les ampoules… tout est déjà ou sera bientôt connectable au réseau familial, pour permettre aux utilisateurs de paramétrer la cuisson qu'il souhaite, les aliments qu'il souhaite commander automatiquement lorsque le frigo est vide, la température du bain, l'ambiance lumineuse de chaque pièce, etc., etc.

Le tout fonctionne avec une quantité massive de données collectées en temps réel et de communications entre les appareils, qui nécessitent soit une centrale performante à la maison, soit l'utilisation de services externes. C'est là tout l'intérêt que portent les Google, Apple, Samsung, et autres LG aux appareils connectés, qui permettent de collecter et de croiser des données sur les goûts et les habitudes de chaque consommateur. Avantage suprême : un utilisateur d'objet dépendant d'un "cloud" est un consommateur captif (ce qu'a rappelé cet été l'incident avec la domotique de SFR). Et bien sûr, c'est aussi un formidable levier de croissance au moment où ralentit le renouvellement des smartphones, ordinateurs ou écrans de téléviseurs.

27 % d'effectifs en plus dans la R&D

Amazon aussi veut investir le marché. Selon l'agence Reuters qui cite des sources proches du dossier, le géant du commerce électronique prévoirait d'augmenter de près d'un tiers les effectifs du Lab126, son centre R&D chargé des innovations hardware — c'est lui qui a mis au point les liseuses Kindle, le téléphone Fire Phone, ou encore l'Amazon Fire TV. D'ici 2019, la filiale estime passer de 3 000 employés à 3 757 personnes, notamment pour mettre au point les appareils connectés de demain.

"Amazon expérimente notamment un appareil wifi pouvant par exemple être placé dans la cuisine ou dans un placard et qui permettrait de commander des produits comme de la lessive aussi simplement qu'en appuyant sur un bouton", rapporte Reuters (ce qui rappelle le Smart Drop d'Evian pour les bouteilles d'eau). 

"Au travers des expériences menées par le Lab126 se dessine la maison du futur selon Amazon : des foyers truffés de capteurs connectés à internet capables de prévenir leurs occupants quand il est temps de changer le filtre de l'air conditionné ou de faire réviser une machine à laver".

De quoi donner encore une nouvelle dimension à la question de la vie privée et de la confidentialité des données personnelles.

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