Netflix, qui doit ouvrir ses portes au public français en septembre, ne paraît pas particulièrement inquiet de l'effet que pourrait avoir la chronologie des médias sur ses activités. En fait, ce mécanisme ne devrait guère l'affecter, dans la mesure où la réussite de la plateforme repose surtout sur les séries TV, qui n'entrent pas dans son champ d'application.

Netflix n'est pas particulièrement inquiet des règles françaises organisant la chronologie des médias. C'est le message qu'a voulu faire passer le PDG de la plateforme américaine de vidéo à la demande sur abonnement (SVOD) dans les colonnes de Télérama, alors que le lancement du service en France doit avoir lieu dans les prochaines semaines (une conférence de presse sera organisée le 15 septembre).

À nos confrères, Reed Hastings souligne que le catalogue de Netflix est d'abord composé de séries télévisées dont la diffusion n'est pas soumise à la chronologie des médias, contrairement aux longs-métrages. Et que si des films sont effectivement proposés sur la plateforme, ces derniers ont joué un rôle limité dans le succès du site. En réalité, la clientèle a surtout été attirée par les séries.

Le chef d'entreprise cite d'ailleurs en exemple le cas du Royaume-Uni, pays dans lequel Netflix est présent depuis 2012. "Au Royaume-Uni, Sky Movies, qui est notre plus gros concurrent, a un contrat d'exclusivité avec les six plus grands studios américains, qui bloquent aussi les droits plus de trois ans. Cela ne nous a pas empêché de nous développer rapidement dans ce pays", relève-t-il.

En France, l'arrivée de Netflix préoccupe l'exécutif mais aussi la filière cinématographique.

En dehors des problématiques fiscales (Netflix a basé son siège européen aux Pays-Bas afin de limiter son exposition à l'impôt, ndlr), les autorités françaises songent à utiliser le levier de la chronologie des médias pour faire pression sur Netflix et l'obliger à se soumettre aux règles qui obligent les services de VOD à verser une part de leur chiffre d'affaires au fonds de soutien à la création.

L'ancienne ministre de la culture, Aurélie Filippetti, a ainsi évoqué une révision de la chronologie des médias dans laquelle la fenêtre de diffusion SVOD serait ramenée à 24 mois après la sortie en salles, contre 36 actuellement. Néanmoins, seuls les services de vidéo à la demande qui financent effectivement la création française pourraient en bénéficier.

Cela dit, l'on peut s'interroger sur l'efficacité d'un tel levier puisque celui-ci n'agit que sur un type de contenu considéré comme secondaire par le principal intéressé.

Aux dernières nouvelles, Netflix a l'intention de respecter la chronologie des médias même s'il dirigera ses activités en France depuis un pays étranger. Il faudra donc patienter au minimum trois ans avant que les films actuellement au cinéma soient proposés en SVOD sur Netflix. Sauf si une révision a lieu d'ici là et qu'elle bénéficie à la plateforme américaine.

Tant que ses concurrents directs seront soumis aux mêmes règles concernant la diffusion de films en SVOD, Netflix ne devrait pas souffrir de ce délai de trois ans. Et quand bien même ces derniers seraient avantagés parce qu'ils se montreraient plus conciliants sur le dossier du financement de la création française, Netflix conservera un atout de taille : ses séries télévisées originales…

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