La Chine prévoit de lancer un système d'exploitation en octobre, avec l'ambition de remplacer progressivement Windows sur les ordinateurs de bureau et Android sur les terminaux mobiles. Si les révélations d'Edward Snowden justifient la conception d'un O.S. souverain, des développements de ce type existent en réalité depuis quinze ans en Chine.

Suite aux révélations d'Edward Snowden sur l'immense machinerie américaine dédiée à l'espionnage des télécommunications, de nombreux projets ont émergé ces derniers mois avec l'ambition de proposer au grand public des outils permettant d'échapper aux regards indiscrets des États-Unis ou, à défaut, de les limiter. L'une des pistes consiste par exemple à ne plus utiliser des solutions américaines.

Or dans ce domaine, la Chine a un certain passif.

Ainsi en 1999, l'institut du logiciel au sein de l'académie des sciences s'était illustré en mettant au point une distribution Linux (Red Flag Linux). Plus récemment, au printemps 2013, soit avant les révélations de Snowden, Pékin a mis au point un consortium – dans lequel se trouve Canonical, l'éditeur d'Ubuntu – pour développer une version de l'O.S. dédiée à son marché.

Aujourd'hui, les autorités chinoises veulent aller plus loin, avec un système d'exploitation national pour se libérer de l'emprise de Microsoft et de Google, dont les produits sont exploités par la NSA pour mener à bien des opérations de surveillance. Manifestement, le développement de la plateforme est très avancé, puisque Reuters indique qu'un lancement grand public de l'O.S. chinois doit avoir lieu en octobre.

Selon des responsables chinois interrogés par les organes de presse officiels, la carrière de l'O.S. débutera sur les ordinateurs de bureau avec l'ambition de remplacer Windows en l'espace de deux ans. Une version mobile doit également voir le jour, avec l'objectif de marginaliser les plateformes mobiles (comme Android, très présent dans le pays) d'ici trois à cinq ans.

Cette version mobile devrait donc entrer en concurrence avec Aliyun OS, l'Android chinois mis au point par le géant Alibaba.

Le développement d'un O.S. chinois s'inscrit dans une politique nettement plus ferme à l'égard de certains logiciels étrangers. Ainsi, l'administration du pays va devoir se passer de Windows 8, officiellement pour des raisons de sécurité et d'économie d'énergie, même si les liens entre Microsoft et la NSA, dévoilés grâce à Snowden, ont forcément beaucoup pesé dans la décision de Pékin.

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