Microsoft aimerait que les joueurs arrêtent de ne jurer que par le 1080p. C'est en somme le message qu'a adressé Phil Spencer, le directeur des activités vidéoludiques au sein de l'entreprise, dans une récente interview. Il rappelle que de nombreux autres critères existent pour déterminer la beauté d'un jeu.

Dans la guerre des consoles qui oppose Microsoft à Sony, l'une des batailles se joue au niveau des performances de la Xbox One et de la PlayStation 4. Chaque constructeur considère en effet avoir mis au point le système capable de délivrer les plus beaux graphismes, même si dans les faits les deux architectures sont globalement très proches. D'ailleurs, la firme de Redmond reconnaît elle-même que l'écart entre les deux machines est "marginal", signe que les différences sont rares.

Cela étant, le diable se cache dans les détails. Et il suffit parfois d'une légère variation dans les caractéristiques pour que des débats enflammés naissent entre les partisans de la Xbox One et les soutiens de la PlayStation 4. Cette agitation est notamment apparue lorsque le jeu Call of Duty : Ghosts a pointé le bout de son nez. Et pour cause : le traitement de l'image est de 1080p avec la PS4 et de 720p avec la Xbox One.

Il n'en fallait évidemment pas moins pour que de nombreux amateurs de jeux vidéo s'interrogent sur la capacité de la Xbox One à gérer la haute définition. Faut-il comprendre que la console de Microsoft est moins puissante que celle de Sony ? Ou que la beauté du jeu est moins notable que chez la concurrence ? Ce serait aller dans le sens du PDG de Crytek, qui estime que les graphismes constituent l'essentiel d'un jeu.

Il n'y a pas que le 1080p dans la vie

Pour Phil Spencer, le patron de la division Xbox chez Microsoft et en charge des activités vidéoludiques du groupe, cette réflexion psychorigide sur les performances occulte d'autres aspects qui peuvent entrer en ligne de compte lorsque l'on réfléchit à la beauté d'un jeu vidéo. La résolution est évidemment un critère, mais c'est loin d'être le seul. Et parfois, une résolution plus basse n'est pas forcément un drame.

"Au final, je ne veux pas que tout tourne autour d'un chiffre, parce que le 1080p n'est pas une résolution mythique, parfaite. La fréquence de rafraichissement est pour moi beaucoup plus importante dans l'expérience de jeu que la résolution", a-t-il confié au site CVG, indiquant en filigrane que certaines considérations esthétiques nécessitent de limiter la résolution.

Phil Spencer note d'ailleurs que Sony est parfois incité à utiliser une résolution plus basse (alors que la PlayStation 4 gère une résolution native de 1080p, tandis que la Xbox One se situe à 720p et doit "upscaler" l'image lorsque la console est branchée sur un téléviseur capable d'afficher des images en haute définition), comme dans le cas de The Order.

Cela étant, Phil Spencer estime qu'une résolution élevée est parfois attendue et nécessaire. "Il est clair que certains genres comme les simulations de course automobile comme Forza, la combinaison 1080p / 60 images par seconde est importante". Mais cela ne se justifie pas toujours, surtout lorsque des jeux peuvent être paradoxalement plus jolis en baissent un peu la résolution.

Les autres critères pèsent sur l'esthétisme

Ce point a fait l'objet d'un sujet dans l'émission "Deux minutes pour convaincre", diffusée sur YouTube. Revenant sur le cas Call of Duty : Ghosts, les auteurs ont noté que la beauté d'un jeu pouvait aussi se ressentir avec un haut niveau d'anticrénelage (contours nets), la distance d'affichage, le photo-réalisme (lumière, particules) et l'animation.

Dans un monde idéal, un jeu devrait pouvoir être au top dans chacun de ces critères, en plus de la résolution et de la fluidité. Or, les consoles Xbox One et PlayStation 4 ont beau être plus puissantes que celles de la génération précédente, elles demeurent limitées techniquement (ne serait-ce que pour limiter le prix qui sera proposé aux clients) et ne peuvent pas être mises à niveau comme un ordinateur de bureau.

Du coup, Microsoft comme Sony doivent faire des choix esthétiques. Autrement dit, il faut parfois se montrer moins ambitieux sur tel ou tel critère pour préserver les autres ou les accentuer. Un jeu en 720p mais ayant une fluidité parfaite, une animation splendide et ainsi de suite n'est-il pas, au final, plus joli qu'un en 1080p mais obligé de rogner sur d'autres aspects, par exemple en limitant l'anticrénelage ?

C'est ce que glisse Phil Spencer. "Il y a certains genres où il y a une attente, mais il y a aussi d'autres genres où je préfère utiliser les cycles [de la console] pour mettre plus d'effets à l'écran ou un meilleur éclairage. Je dois juste donner aux développeurs les outils pour le faire". Reste toutefois une question : Phil Spencer aurait-il tenu le même discours si c'était la Xbox One qui était en 1080p natif ?

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