Via son initiative Internet.org, qui a été lancée l'année dernière, Facebook annonce un partenariat avec l'opérateur Airtel pour fournir un accès gratuit à Internet aux Zambiens. Mais si l'idée est louable, le projet a ses limites.

À la fin de l'année, il devrait y avoir 3 milliards d'internautes selon les estimations de l'union internationale des télécommunications. La démocratisation d'Internet a été considérable ces vingt dernières années. Mais si le réseau des réseaux est aujourd'hui très fréquenté, il y a encore de nombreux individus dans le monde qui n'ont pas la possibilité d'accéder au net.

Partant de ce constat, Facebook et six autres sociétés (Samsung, Ericsson, Nokia, Qualcomm, Mediatek et Opera Software) ont lancé l'initiative Internet.org en août 2013. L'idée ? Trouver et mettre en œuvre des solutions pour connecter le reste de la population mondiale. Si certaines idées sont très futuristes (comme l'emploi de drones et de satellites coordonnés par des lasers), d'autres sont déjà appliquées.

Introducing the Internet.org App from Facebook on Vimeo.

Un après avoir annoncé l'ouverture d'Internet.org, Facebook a lancé ce jeudi une application mobile qui doit permettre à ses utilisateurs de consulter gratuitement une sélection de sites web depuis un terminal mobile, sans limite de temps. Sont notamment concernés les sites de Facebook, Google (le moteur de recherche), Wikipédia, Messenger (messagerie instantanée de Facebook).

En fonction du pays ciblé par Internet.org, des sites locaux fournissant des services basiques pourront être ajoutés à cette liste. Ainsi, les mobinautes zambiens pourront profiter d'une application météorologique dont les informations sont centrées sur leur pays, d'une autre précisant les droits auxquels les femmes ont accès et ainsi de suite (santé, maternité, actualité…).

En effet, la Zambie inaugure le lancement effectif du projet. Un choix cohérent, dans la mesure où la grande majorité des habitants n'a pas accès au net.

Une démarche louable mais imparfaite

La démarche de Facebook est louable, mais est loin d'être parfaite. D'abord, la sélection des sites qui peuvent être consultés gratuitement discrimine de fait ceux qui ne sont pas dans la liste. Tout le reste du net nécessitera de payer des frais de connexion à l'opérateur de téléphonie mobile local qui est partenaire de l'opération. En l'occurrence, il s'agit d'Airtel.

De plus, seuls les clients d'Airtel sont pour l'instant concernés par cet accès gratuit. Bien entendu, cette situation évoluera avec le temps afin que les autres mobinautes puissent aussi en profiter via leur opérateur. Mais de fait, une entreprise est pour l'instant privilégiée. Sans parler du fait que la possession d'un terminal compatible avec le réseau 3G est évidemment requise.

En outre, certaines personnalités du monde informatique se sont interrogées sur les priorités de la Silicon Valley. La sortie la plus médiatique a été celle de Bill Gates, fondateur et ancien directeur de Microsoft. À ses yeux, les populations ont un besoin plus urgent d'accéder à des soins que de surfer sur le net. Autrement dit, les firmes du net semblent prendre la pyramide des besoins de Maslow à l'envers.

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