Netflix a signé un troisième accord d'interconnexion avec un FAI américain afin d'améliorer l'acheminement de ses contenus vers les abonnés de ce dernier. Il s'agit d'AT&T. Ce printemps, deux autres contrats ont été signés : le premier avec Comcast, le second avec Verizon.

Netflix a beau vouloir ne plus céder au chantage des opérateurs télécoms, force est de constater que le service de vidéo à la demande sur abonnement (SVOD) n'est pour l'instant pas en mesure de résister aux exigences des grands fournisseurs d'accès à Internet américains. Depuis le début de l'année, la plateforme a en effet déjà signé deux accords d'interconnexion (peering) et un troisième vient d'être confirmé.

Cette fois, c'est avec AT&T que Netflix a trouvé un terrain d'entente. Le détail du contrat entre les deux entreprises n'est toutefois pas connu, en particulier le montant que le service de SVOD devra verser au FAI. En revanche, Mashable indique qu'il est entré en vigueur ce mardi et son existence a été confirmée dans un bref communiqué adressé par e-mail au site américain.

"Nous sommes parvenus à un accord d'interconnexion avec Netflix en mai et depuis lors nous avons travaillé ensemble pour fournir des capacités d'interconnexion supplémentaires afin d'améliorer l'expérience audiovisuelle pour nos abonnés mutuels. Nous commençons dès à présent à mettre en place les connexions, un processus qui devrait être achevé dans les prochains jours".

AT&T est donc le troisième opérateur américain à conclure un accord de peering avec Netflix, après Comcast en avril et Verizon quelques jours plus tard.

Les pressions exercées par les FAI pour exiger de Netflix qu'il signe un avec eux avaient finalement conduit le service de SVOD à publier un article ce printemps dans lequel est défendue l'idée que "les FAI ne devraient pas être en position d'extorquer des péages".

Du fait de l'opacité des accords d'interconnexion, il n'est pas possible de savoir si les montants réclamés par les opérateurs sont l'occasion pour ces derniers de dégager de nouvelles marges bénéficiaires ou s'ils correspondent au coût réel du peering, qui est, selon le gendarme des télécoms français, très faible.

La situation ne s'améliorant manifestement pas, Netflix pourrait à plus long terme opter pour une architecture en pair à pair afin d'équilibrer les débits montant et descendant et rendre par la même occasion inutile la signature de nouveaux accords de peering.

En attendant une bascule dans le P2P, qui serait l'occasion pour Netflix, lui qui a assuré y être favorable, de soutenir la neutralité du net, l'avenir de ce principe dépendant de la bonne santé du P2P, le service de SVOD propose aux opérateurs de se brancher directement sur son réseau de diffusion de contenus (CDN) Open Connect, ou d'installer des serveurs de diffusion au sein ou à proximité de leur réseau.

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