Le responsable de la communication chez SFR est poursuivi par Free pour "injures publiques" sur Twitter. L'accusé a repris un article du journal Les Échos en ajoutant un commentaire que le quatrième opérateur juge déplacé.

Depuis que Free Mobile est arrivé sur le marché de la téléphonie mobile en 2012, lui et ses concurrents entretiennent des relations difficiles. Il faut dire que le nouveau venu est parvenu à attirer à lui 8 millions de clients en l'espace de deux ans et demi, ce qui évidemment ne fait pas du tout les affaires d'Orange, SFR, Bouygues et des multiples opérateurs de réseau mobile virtuel (MVNO).

Dans cette bataille commerciale sans pitié s'est greffée une guerre de communication qui a parfois débordé au point de se retrouver devant les tribunaux. On se souvient en particulier de la condamnation de Free en 2013 à ne plus qualifier de "pigeons" les clients de ses concurrents, tandis que Bouygues a lui aussi été sanctionné par la justice pour dénigrement.

Aujourd'hui encore, la tension dans le secteur des télécoms est si vive que même des commentaires publics en apparence anodins peuvent déboucher sur une plainte. La preuve, puisque le directeur de l'information chez SFR, Nicolas Chatin, a été mis en examen pour "injures envers particulier" suite à la publication d'un message sur Twitter dans lequel il raillait l'attitude victimaire de Free.

En fait, Nicolas Chatin avait repris un tweet publié par Les Échos en ajoutant ce commentaire : "quand le coucou se pose en calimero". L'actualité en question portait sur une lettre rédigée par Maxime Lombardini, le PDG d'Iliad, la maison-mère de Free, adressée à Bouygues et SFR. Dans celle-ci, il s'était ému des projets de mutualisation entre les deux groupes sans que Free ne soit invité à discuter.

La loi  du 29 juillet 1881 expose dans son article 33 que l'injure publique peut être punie par une amende dont le montant peut atteindre 12 000 euros.

Selon les informations de ZDNet, le procès devrait se tenir en février 2015. Si le compte Twitter de Nicolas Chatin est présenté comme personnel (aucune référence manifeste à son poste chez SFR n'y figure, mention indiquant que ses prises de position n'engagent que lui), il est toutefois prévu qu'un avocat de son employeur l'assiste dans cette affaire.

( photo : CC BY-NC-SA Michiel )

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