Le défi "à l'eau ou au restau" n'inquiète pas seulement la police. Un député a adressé une question écrite au ministre de l'intérieur pour savoir si le gouvernement prévoit des mesures pour mettre fin à cette mode, qui a causé la mort d'un jeune homme. Toutefois, la marge de manoeuvre de l'exécutif paraît très limitée.

Il faut que jeunesse se passe, dit le proverbe, pour excuser les maladresses commises lors de l'adolescence. Mais quand celles-ci mettent en péril les plus jeunes d'entre nous, ce n'est plus de l'indulgence qu'il faut, mais de la prévention. C'est en filigrane la lecture du député UMP Jean-Louis Christ face à l'émergence du défi "à l'eau ou au restau" sur Facebook, et qui a causé la mort d'un ado de 19 ans.

Dans une question écrite publiée ce mardi au Journal officiel, le parlementaire alerte Bernard Cazeneuve, le ministre de l'Intérieur, sur "les effets néfastes du développement de certaines pratiques sur les réseaux sociaux". Après avoir rappelé l'existence du défi neknomination (voir ce sujet, ndlr), l'élu du Haut-Rhin a pointé du doigt le danger des "« jeux de défis » lancés sur le web".

"Ces jeux pourraient paraître anodins s'ils ne s'étaient soldés par des conséquences dramatiques, fin mai dans le Pas-de-Calais ou encore mi-juin, dans le Morbihan", commente le député, qui attend désormais une réponse de la place Beauvau et surtout le détail des éventuelles mesures que le gouvernement compte prendre "pour prévenir les usages potentiellement dangereux du net, concernant les jeux de défis".

Dans ce domaine, nous avions remarqué le mois dernier la publication par la police nationale d'une mise en garde contre les dérives du défi "à l'eau ou au restau" sur Facebook. Les autorités craignent en effet une surenchère entre les participants voulant établir des exploits de plus en plus spectaculaires, au risque d'engendrer des accidents très graves ou de perdre la vie.

Ce n'est pas la première fois que l'usage de Facebook alarme les autorités, sans que celles-ci ne puissent faire grand chose.

Dans un autre registre, la mode des "apéros Facebook" il y a quatre ans avait poussé un parlementaire à déposer une proposition de loi pour encadrer ces manifestations, suite au décès accidentel d'un jeune homme. De son côté, le gouvernement avait affirmé avoir contacté Facebook pour lui demander de supprimer les appels à manifestations non déclarées en préfecture.

Ces deux approches n'avaient rien donné. La préfecture de Loire-Atlantique, n'ayant pas pu entrer en contact avec l'organisateur d'un de ces apéros Facebook, avait alors tenté une autre piste en s'adressant directement aux participants via le réseau social américain, en les invitant à renoncer à participer à l'évènement et à faire preuve de responsabilité et de civisme.

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