Le 19 juin 2012, Julian Assange trouvait refuge dans l'ambassade d'Équateur à Londres. Deux ans plus tard, l'Australien est toujours coincé dans l'enceinte de la représentation diplomatique.

Julian Assange parviendra-t-il un jour à quitter l'ambassade d'Équateur à Londres en homme libre ou bien est-il condamné à y demeurer ad vitam æternam, le bâtiment étant cerné par la police britannique ? Cette question doit peser lourd sur le moral du fondateur de WikiLeaks, alors qu'il entame sa troisième année coincé dans la représentation diplomatique du petit État d'Amérique du Sud.

Ce 19 juin 2012

C'est en effet le 19 juin 2012 que Julian Assange décide de chercher refuge au sein de l'ambassade équatorienne, faute d'être parvenu à bloquer la procédure d'extradition vers la Suède le visant. La Cour suprême britannique avait en effet rejeté quelques jours plus tôt la demande de réouverture du dossier déposée par les avocats de l'Australien.

En Scandinavie, l'Australien est attendu de pied ferme. Il est accusé d'avoir commis un délit de "sexe par surprise". Au-delà de cette affaire, la principale crainte du porte-parole de WikiLeaks était moins l'extradition vers la Suède que le risque de voir les États-Unis déposer à leur tour une demande d'extradition pour lui mettre la main dessus.

Dans le collimateur après les war logs et le cablegate

Se souvenant sans doute que l'Équateur lui avait déjà proposé de l'accueillir en 2010 après la publication sur WikiLeaks d'une multitude de documents militaires relatifs à l'Irak et à l'Afghanistan (war logs) et de télégrammes diplomatiques (cablegate), ce qui a naturellement déclenché le courroux des USA à son endroit, Julian Assange a opté pour sa représentation diplomatique.

Présent dans l'ambassade à partir du 19 juin 2012, Julian Assange, qui avait écrit au gouvernement équatorien et invoqué la  Déclaration universelle des droits de l'homme, avait néanmoins dû patienter plus de cinquante jours avant l'Équateur lui accorde officiellement sa protection diplomatique, en dépit des pressions exercées par le Royaume-Uni.

La surveillance d'Assange ? 7,4 millions d'euros

Mais si la situation est humainement pesante pour Julian Assange, elle a aussi un coût pour le contribuable britannique.

Fin avril, le Daily Mail indiquait que les moyens mobilisés en continue par le gouvernement pour surveiller l'enceinte équatorienne et se préparer à appréhender le rédacteur en chef de Wikileaks en cas de tentative de fuite (avec, notamment, la présence systématique de trois policiers à proximité) a coûté près de 7,4 millions d'euros en pratiquement deux ans.

La situation de Julian Assange n'est pour l'instant pas prête de s'améliorer. Mais à défaut de pouvoir sortir librement du bâtiment, le fondateur de WikiLeaks peut se satisfaire du rôle qu'il a joué jusqu'à présent. Rôle qui a été récemment honoré par Reporters Sans Frontières, puisque l'Australien a été décrit comme un héros de l'information ce printemps.

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