En Australie, il est question de réduire la période dans laquelle un est exclusivement réservé aux salles de cinéma. Celle-ci passerait de 120 à 90 jours. Selon les promoteurs de cette révision, cela doit contribuer à réduire le piratage dans le pays.

Pourquoi des internautes préfèrent-ils pirater des œuvres culturelles sur Internet au lieu de passer par l'offre commerciale légale ? Si les raisons qui les poussent à verser dans le téléchargement illicite sont aussi diverses que variées, on retrouve souvent quelques grands arguments qui expliquent pourquoi ces usagers préfèrent passer par des canaux alternatifs plutôt que par les voies traditionnelles.

Les explications vont ainsi du rejet des verrous numériques (DRM) à la tarification jugée trop élevée, en passant par la faible diversité culturelle sur les plateformes légales, le choix insuffisant dans la langue / le format / les sous-titres ou le cadre obsolète de la chronologie des médias.

Réduire la chronologie pour contrer le piratage

Ces problématiques ne sont pas propres à la France. Elles se retrouvent ailleurs, notamment en Australie. Et comme l'a remarqué Torrentfreak, les professionnels de l'industrie cinématographique et audiovisuelle ont visiblement compris qu'une lutte efficace contre le piratage passe nécessairement par une amélioration de l'offre légale, afin de convaincre les internautes de revenir dans les clous de la légalité.

Il est ainsi prévu de réduire la chronologie des médias en Australie, et plus particulièrement le délai qui s'écoule entre le moment où un film est projeté exclusivement dans les salles de cinéma et l'instant où l'accès à l'œuvre par d'autres modes d'exploitation. Auparavant de 120 jours, cette période va désormais se limiter à 90 jours. Le but ? Réduire le piratage, qui profite du manque d'audace de l'offre légale.

Si la fenêtre baisse de 30 jours, il ne semble pas question pour l'instant d'aller plus loin. Selon un professionnel du secteur, cette nouvelle fenêtre "continue de veiller à ce que la fenêtre d'exploitation du cinéma conserve l'importance qui lui revient […], mais permet aussi au consommateur d'accès plus tôt au film sur DVD et Blu-ray, tout en réduisant ce que certains décrivent comme la fenêtre du piratage", a-t-il déclaré.

Et en France ?

En France, il existe aussi une réflexion sur une révision de la chronologie des médias. En octobre, la ministre de la culture Aurélie Filippetti indiquait être favorable à une réforme touchant au moins la vidéo à la demande par abonnement (SVOD). "Pour le cinéma, il y a la question de la chronologie des médias : je veux que l'on avance là-dessus ; les blocages ne sont pas normaux ; il y en a trop", déclarait-elle.

Un mois plus tard, un rapport remis au premier ministre a aussi plaidé pour une révision de ce dispositif, qui date de 2009. Le document s'est notamment prononcé en faveur d'une compression de deux fenêtres d'exploitation : la VàD à l'acte (VOD) et la VàD par abonnement (SVOD). Là encore, il s'agit de faire bouger (un peu) les lignes pour apporter plus de souplesse.

Toutefois, une étude présentée à l'occasion du Festival de Cannes suggère d'aller plus loin encore puisqu'elle a constaté que la VOD simultanée ne cannibaliserait pas les entrées en salles. Celle-ci relève que les films qui sortent simultanément en VOD et au cinéma sont d'abord regardés dans les salles, et le sont en VOD surtout dans les régions où le film n'est pas proposé à l'affiche.

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