Après le neknomination, place au défi "à l'eau ou au restau". Se déroulant encore une fois sur Facebook, ce jeu viral inquiète la police. Celle-ci a publié une mise en garde, craignant que la surenchère entraîne de bêtes accidents. Elle invite par ailleurs les internautes à mettre leur "créativité" pour de bonnes causes.

À la fin de l'année 2013, un jeu à boire a connu une gloire éphémère sur Facebook. Baptisé neknomination, il consiste à défier des proches dans un concours de boissons alcoolisées. Lorsqu'une personne est désignée, celle-ci est censée relever le gant en se filmant en train de boire, puis diffuser la vidéo sur les réseaux sociaux. Elle peut alors à son tour nommer quelqu'un d'autre.

La pratique du neknomination n'est pas sans risque : au moins deux personnes seraient mortes à cause de leur participation à ce jeu. Plus généralement, elle pose question sur le risque d'une surenchère entre les participants (volume d'alcool ingéré pour impressionner, mélange…) du fait, notamment, du caractère viral du jeu (système de désignation sur un réseau social), et du rapport des jeunes à l'alcool.

À l'eau ou au restau

Alors que la mode du neknomination est manifestement en train de se tasser, les problématiques soulevées par ce jeu à boire sont en train de réapparaître avec le défi baptisé "à l'eau ou un resto". Cette fois, il n'est pas question d'alcool mais d'un jeu qui consiste encore une fois à tester l'audace des membres de Facebook en les plaçant face à une épreuve.

Comme son nom l'indique, les personnes désignées doivent choisir entre se jeter à l'eau dans les 48 heures suivant leur nomination ou offrir le restaurant à la personne qui les a sélectionnées. Or, cette nouvelle pratique inquiète la police nationale. La preuve, elle vient de publier un article dans lequel elle recommande vivement de ne pas se laisser entraîner par autrui.

Risques pour la santé et la réputation

Outre les risques sur la santé (la police évoquant des sauts dans de l'eau glaciale, dans un plan d'eau pas assez profond, l'hydrocution et la noyade), les individus sont susceptibles de nuire durablement à leur réputation. "En effet, en participant à ces défis, c'est votre réputation sur le web que vous engagez. Une fois en ligne, il est très difficile de supprimer des contenus", écrivent les forces de l'ordre.

En l'état, la police n'a pas les moyens d'empêcher la tenue de ce défi qui connaît une certaine popularité, ne serait-ce que médiatique (une vidéo, notamment, connaît un relatif succès ; elle montre une pauvre jeune fille glisser sur le ponton au moment du saut). Aussi tente-t-elle de faire appel à la responsabilité et à l'intelligence des internautes pour qu'ils évitent de faire la même chose.

"Vous êtes bien plus intelligents"

"Face aux défis de vos amis, montrez que vous êtes bien plus intelligents que ça et ne vous laissez pas influencer par un stupide phénomène de mode", écrit ainsi la police, qui invite les jeunes à penser à leur avenir.

"Vous n'avez certes aujourd'hui que 18 ou 20 ans, mais ces vidéos, postées en public sur internet, resteront des années, voire durant toute votre vie sur le web". "Que penseraient alors dans dix ans vos futurs employeurs face à de tels contenus ?", interroge la police, qui veut ainsi leur rappeler que les recruteurs surfent aussi sur le web pour connaître le profil des candidats.

La police invite à réaliser de bonnes causes

En conclusion, la police suggère de dépasser le cadre de ces défis pour accomplir "de bonnes causes". Aucun exemple n'est donné, mais peut-être les forces de l'ordre font-elles référence à ces détournements de concept qui sont apparus peu après la médiatisation du neknomination.

La page Wikipédia donne en exemple lesdéfis smartnomination et bloodnomination. Ces défis, qui font là encore appel au principe des désignations et de la vidéo en guise de "preuve", peuvent consister à donner son sang, venir en aide à un sans-abri, faire du bénévolat, effectuer un don etc…

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