Préoccupé par l'arrivée prochaine de Netflix et la faiblesse des réponses françaises, le CNC cherche à unir la filière cinématographique et audiovisuelle afin qu'elle soit en mesure de résister à la puissance du service américain. Mais le branle-bas de combat survient tardivement.

D'ici la fin de l'année, Netflix ouvrira ses portes aux internautes français. Véritable rouleau-compresseur de la vidéo à la demande par abonnement (SVOD), le service américain est est attendu avec une certaine appréhension par les acteurs français de l'audiovisuel et du cinéma, à tel point que son arrivée a même failli donner naissance à une alternative commune entre TF1 et M6 !

Face à un Netflix conquérant, les alternatives hexagonales sauront-elles résister et riposter ? C'est la question que se pose manifestement le Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC), puisque celui est engagé dans une "réflexion" destinée à encourager le "lancement d'initiatives" d'ici fin 2014, en misant à la fois sur des "acteurs existants" et sur des "projets émergents".

Selon Les Échos, le CNC a constaté que les Français ne sont pas suffisamment au niveau pour contrer seuls l'Américain. D'où la décision du centre national de réunir un certain nombre d'acteurs de la VOD ou ayant un lien avec le milieu du cinéma. C'est ainsi qu'une discussion s'est engagée avec Orange, Canal+, AlloCiné, FilmTV ou même Sens Critique, un réseau social culturel.

Afin de pousser la filière à s'unir face à ce qui est de plus en plus considéré comme un ennemi commun, le CNC est disposé à sortir le carnet de chèques pour compléter les fonds que les principaux intéressés seraient prêts à mettre, en jouant sur l'une de ses prérogatives, à savoir le soutien à la diffusion et à la promotion des œuvres cinématographiques, audiovisuelles et multimédia.

Reste à savoir si la riposte française sera prête avant le lancement de Netflix en France ou, à défaut, arrivera suffisamment dans les temps pour donner le change au service américain. Or d'après une source proche du dossier interrogé par Les Échos, aucune alternative française bâtie sur des offres attractives ne devrait être prête avant 2015, à cause des délais pour la signature des accords et l'organisation.

Cela fait deux ans que l'on parle de l'arrivée de Netflix en France. Manifestement, toutes les initiatives prises jusqu'à présent par la filière cinématographique et audiovisuelle n'ont pas été suffisantes pour créer un rempart suffisamment solide pour contenir Netflix. À quelques mois du lancement hexagonal de l'Américain, le CNC a donc décidé d'intervenir. Mais n'est-ce pas déjà trop tard ?

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