Censuré fin mars en Turquie, YouTube est de nouveau accessible dans le pays. La cour constitutionnelle a jugé illicites les instructions données par Ankara à la haute instance des télécommunications pour bloquer l'accès au site. Le premier ministre cherchait avant tout à cacher des enregistrements sonores mettant en cause sa probité.

La cour constitutionnelle a tranché, une nouvelle fois. Comme avec Twitter, la plus haute juridiction du pays a ordonné ce mardi la levée de la censure de YouTube malgré les efforts du premier ministre de bloquer le site d’hébergement de vidéos. Selon un membre du cabinet de Recep Tayyip Erdogan, interrogé par Reuters, l'accessibilité à la plateforme a été rétablie en fin de journée.

YouTube s'est retrouvé à plusieurs reprises dans le collimateur des autorités ces dernières années, en raison de quelques contenus problématiques aux yeux du pouvoir. Celui-ci a d'ailleurs imposé un filtrage des contenus et a parfois ordonné le blocage du site : en mars 2007 notamment, avant un déblocage deux jours plus tard, puis en septembre 2007 et une nouvelle fois trois ans après).

Toutefois, l'hostilité d'Ankara vis-à-vis de la plateforme américaine a pris un tour nouveau lorsque des enregistrements sonores mettant en cause les dirigeants de l'AKP, le parti au pouvoir, sont apparus sur le service. Bien entendu, le principal intéressé, Erdogan, a contesté l'authenticité de ces enregistrements, assurant qu'il s'agit de montages.mis au point par ses opposants.

Ces bandes permettent d'entendre le premier ministre et son fils discuter d'importantes sommes d'argent à dissimuler. Une autre piste révèle l'existence d'un plan militaire visant à provoquer une intervention armée en Syrie, en prétextant la légitime défense. Encore une autre évoque ses tentatives de faire pression sur la justice ou de peser sur des accords commerciaux.

L'apparition de ces documents sonores n'a toutefois pas eu un effet aussi important que certains observateurs l'auraient souhaité. Lors des élections municipales turques qui ont eu lieu fin mars, l'AKP a obtenu la très grande majorité des voix (43,31 %) loin devant les principales autres formations politiques (la deuxième a obtenu 25,59 % des scrutins et la troisième 17,63 %)

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