Directeur de la mission France Très Haut Débit mise en place par Bercy, Antoine Darodes réfute le besoin de réviser en profondeur le cahier des charges pour répondre aux conséquences que pourrait avoir la fusion de SFR et Numericable.

Mercredi, les parlementaires UMP Laure de la Raudière et Bruno Retailleau ont publié un communiqué pour s'alarmer des conséquences de la fusion entre SFR et Numericable sur le Plan France Très Haut Débit (France THD), qui vise à donner accès au THD à 100 % des foyers français d'ici 2022, et 50 % d'ici 2017. Tous deux s'inquiètent que le poids acquis par Numericable sur le marché des télécoms n'incite ses concurrents à concentrer leurs efforts là où le câblo-opérateur est déjà présent, et estiment que le plan est rendu "caduc".

"Le gouvernement ne peut pas faire comme si de rien n’était alors que le marché des télécoms est dans une phase de concentration. Il doit rapidement réévaluer le plan France Très Haut Débit, rendu obsolète par les projets de fusion", concluaient Laure de la Raudière et Bruno Retailleau.

Mais la proposition ne reçoit pas du tout d'écho favorable du côté de Bercy. "Il n'est pas question de tout remettre en cause dès qu'il y a un changement de couleur dans le paysage", nous prévient Antoine Darodes (photo ci-dessus), le directeur de la mission France THD. "Il s'agit d'un plan à 10 ans, de long terme, c'est un marathon. C'est un des grands chantiers du président de la République, qui demande de la stabilité, de la pérennité, notamment à l'égard des investisseurs et des collectivités".

S'il concède que le plan nécessitera quelques aménagements, M. Darodes assure que le plan adopté l'an dernier permet déjà une souplesse d'adaptation. Et il réfute que la fusion de SFR et Numericable ait un impact négatif, même s'il avait reconnu dans La Tribune des difficultés liées aux propres engagements de SFR. Au contraire. "Il faut se féliciter de l'accélération de la concentration des prises FTTH (fibre jusqu'au foyer, ndlr) dans les zones déjà câblées, car elle permettra d'atteindre plus rapidement les seuils critiques" qui permettront aux opérateurs de déployer la fibre ailleurs, assure le directeur de la mission.

Sur le fond, Antoine Darodes se dit confiant sur l'objectif d'atteindre 80 % de foyers éligibles à la fibre optique d'ici 2022. Mais pour ce qui concerne l'objectif de THD pour 50 % des foyers d'ici 2017, Bercy prévient qu'il faudra certainement s'accorder plus de souplesse que prévue vis à vis d'autres technologies de très haut débit bien moins séduisantes, en particulier la 4G (et bientôt la 5G) ou le satellite. 

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