Apple et Google ont annoncé la signature d'un traité de paix, par lequel ils renoncent à toutes les plaintes en violation de brevets déposées l'un contre l'autre. Mais l'accord ne permet pas aux deux entreprises de partager leurs technologies.

La trop courte victoire d'Apple contre les téléphones et tablettes Android de Samsung, qui a été perçue comme une défaite, aura achevé de convaincre de la contre-productivité de la guerre des brevets dans l'industrie high-tech. Sous l'impulsion de son ancien président Steve Jobs, la firme de Cupertino avait souhaité livré "une guerre nucléaire" contre son grand rival Google, en utilisant sa propriété intellectuelle comme bombe. Mais finalement, quatre années plus tard et après des millions de dollars dépensés en vain, Apple et Google ont enfin accepté d'enterrer la hache de guerre et de se re-concentrer sur eux-mêmes plutôt que sur la concurrence. 

"Apple et Google ont accepté de renoncer à toutes les poursuites qui existaient entre les deux entreprises", indiquent les deux rivaux dans un communiqué commun cité par Wired. "Apple et Google ont également accepté de travailler ensemble dans quelques domaines de la réforme des brevets. L'accord n'inclut pas de licences croisées", précisent-ils. S'ils renoncent à leurs plaintes passées, il n'est pas encore question de partager les technologies dans un pool commun. Si l'un veut exploiter le brevet de l'autre, il devra toujours obtenir l'autorisation.

Les discussions de paix entre les deux entreprises avaient été entamées il y a déjà plusieurs années, après que Tim Cook a pris les commandes d'Apple en succédant à Steve Jobs. Il a fallu deux années pour qu'elles aboutissent.

Un accord limité à Google seulement ?

La guerre des brevets avait connu son paroxysme au début des années 2010, avec la combinaison d'attaques et d'une course à l'armement. En 2011, Google avait acheté Motorola Mobility pour 12,5 milliards de dollars, afin de mettre la main sur quelques 17 000 brevets et d'être en capacité de se défendre par contre-attaque (il a depuis revendu la filiale à Lenovo, mais en conservant les brevets). Un an auparavant, le constructeur de téléphone avait lui-même porté plainte contre Apple pour la violation prétendue de 18 brevets dans différents produits dont l'iPhone et l'iPad. Apple avait alors répliqué en attaquant Motorola et ses téléphones Android, en plus des plaintes qu'il avait déjà déposées contre Samsung.

"La guerre des brevets est un désastre pour nous tous", s'était désolé Eric Schmidt, le président de Google. "C'est mauvais pour l'innovation, c'est mauvais pour le choix (du consommateur)".

L'accord de paix entre Apple et Google s'étendra-t-il à Samsung et aux autres constructeurs d'appareils sous Android ? A l'heure actuelle, rien n'est moins sûr. Il n'est pas certain à cet égard que la plainte déposée l'an dernier par le consortium Rockstar (formé par Microsoft, Apple, Blackberry, Ericsson et Sony) contre Google et sept fabricants de téléphones sous Android soit retirée.

Mais même si la guerre ne s'arrête pas brutalement, les choses semblent enfin prendre le chemin de la paix.

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