Le sénateur vert Jean-Vincent Placé a défendu sur Radio J l'idée de confier au parquet le pouvoir de se saisir lui-même pour ordonner la fermeture de sites internet, citant en exemple le site Egalité & Réconciliation d'Alain Soral.

Le président du groupe Europe Écologie Les Verts au Sénat, Jean-Vincent Placé, était dimanche l'invité du journaliste Frédéric Haziza sur Radio J. Interrogé en visant implicitement Dieudonné et Alain Soral contre "ce fléau" de "la montée des populismes sur Internet", le sénateur écologiste a considéré qu'on "ne peut plus laisser tous ces gens insulter, diffamer, injurier sur les réseaux sociaux".

"Cet espace de libertés formidables, qui peut-être a permis des printemps dans d'autres lieux et dans d'autres lieux — je pense aux printemps arabes, ne veut pas dire que l'on peut injurier, insulter, diffamer. Moi, j'avais soutenu ce qu'avait fait Manuel Valls par rapport à M. Dieudonné. A un moment, ça suffit".

Jean-Vincent Placé demande que la justice puisse fonctionner de concert avec la police, pour sévir sans attendre qu'une victime ou une association porte plainte. "Politiquement je n'accepte plus que sur les réseaux sociaux on puisse avoir ce type de propos. Je souhaite qu'il y ait une organisation entre la police et la justice de notre pays, pour qu'à un moment on ait les moyens que le parquet s'auto-saisisse de ces questions-là, pour arriver tout à la fois à condamner et avoir des réparations, mais aussi pour pouvoir interdire".

Le parquet, donc l'Etat ?

"Il n'est pas acceptable que sur le territoire national il puisse y avoir des blogs, comme par exemple celui de M. Soral (…). On est dans quel pays ?", s'est-il indigné, en visant le site Egalité & Réconciliation, accusé de propager antisémitisme et homophobie. Farouchement opposé à ce qu'il appelle une "communauté juive organisée" dont il estime qu'elle a pour objectif de défendre le sionisme, Alain Soral est aussi l'un des principaux pourfendeurs du mariage entre personnes du même sexe et de la prétendue "théorie du genre", qu'il voit comme une manifestation d'un universalisme qu'il rejette.

Egalité & Réconciliation a réagi en voyant dans les propos de Jean-Vincent Placé la démonstration qu'il ferait partie des "cibles que la classe politico-médiatique se donne pour mission d’abattre en priorité afin de sauvegarder ses privilèges". Il note également, pour contester le fond de la proposition, que "en France, le parquet ou ministère public est sous l’autorité du garde des Sceaux, et que selon la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, il n’est pas considéré comme une autorité judiciaire indépendante".

Jean-Vincent Placé, qui a évoqué avec retenue la possibilité de déposer une proposition de loi, n'a toutefois pas précisé s'il souhaitait que les parquets puissent agir seuls pour ordonner la fermeture d'un site ou d'une page sur simple ordonnance judiciaire, donc sans juges indépendants, ou s'il voulait simplement doter les procureurs d'un pouvoir d'initiative des poursuites.

(photo : CC Julien Paisley)

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