La proposition de la FCC sur une priorisation des flux contre rémunération a ulcéré un hébergeur américain, qui a décidé de punir le régulateur en l'empêchant d'accéder à son service dans de bonnes conditions. La société souhaite son initiative soit reprise le plus possible, afin qu'elle affecte la FCC et lui montre pourquoi sa suggestion est une grave erreur.

Fin avril, la commission fédérale des communications (FCC), qui est le régulateur des télécommunications aux États-Unis, a proposé d'autoriser les fournisseurs d'accès à Internet à vendre des accès privilégiés à leur réseau, afin que les sites web puissent, s'ils paient, être traités en priorité. Outre-Atlantique, cette piste a entraîné une levée de boucliers sans précédent.

En effet, une telle orientation risque d'encourager la multiplication d'accords similaires à celui qu'a dû signer à contre-cœur Netflix avec les câblo-opérateurs Comcast et Verizon. Cette semaine, des éditeurs de services en ligne de tout premier plan, comme Google, Microsoft, Facebook, Amazon, Twitter, Yahoo, eBay, Netflix et Dropbox, ont signé une lettre ouverte pour enjoindre la FCC de revenir en arrière.

Si les géants du net font désormais pression pour que la commission fédérale renonce à la priorisation des flux contre rémunération, d'autres préfèrent opter pour des moyens plus radicaux. C'est le cas de l'hébergeur web gratuit NeoCities, qui a annoncé ce jeudi que les connexions en provenance de la FCC sont désormais fortement bridées.

"Puisque la FCC semble n'avoir aucun problème avec [la priorisation des flux contre rémunération, ndlr] […], j'ai étranglé toutes les connexions de la FCC à un débit de modem de 28,8 kbit/s sur la page d'accueil de NeoCities et je ne compte pas revenir en arrière à moins qu'elle nous paye pour la bande-passante", a expliqué Kyle Drake, le créateur de NeoCities.

Estimant que la FCC ferait mieux de faire son travail consistant à protéger les Américains du lobby voulant "garder l'Internet aux États-Unis lent et onéreux pour toujours", Kyle Drake propose de lever cette restriction à deux conditions : soit la FCC abandonne cette proposition, soit elle accepte de payer 1000 dollars par an pour obtenir un accès normal à la page d'accueil du site.

L'initiative de NeoCities, rapportée par Ars Technica, est évidemment limitée. Seule la page principale de l'hébergeur américain est effectivement bridée. Les sites hébergés par la plateforme ne sont pas concernés, NeoCities ne souhaitant ni obliger ses utilisateurs à s'engager dans un combat politique ni les faire fuir chez la concurrence. Toutefois, NeoCities est de moins en moins seul.

S'il est très peu probable que les géants du web suivent NeoCities, plusieurs internautes ont applaudi l'idée de l'hébergeur américain, qui a publié sur GitHub les règles à appliquer pour ceux qui souhaiteraient faire de même de leur côté. Quelques contributeurs les ont d'ailleurs adaptées à d'autres configurations et améliorées en ajoutant des adresses IP utilisées par la commission.

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