Windows XP n'est plus mis à jour depuis le 8 avril, pourtant le système d'exploitation reste présent sur près d'une machine sur dix en France. Une situation qui n'a pas échappé à une sénatrice, qui demande au gouvernement de préciser ce qu'il a fait pour résoudre cette situation.

Évoquée dès 2011, la fin du support de Windows XP est donc survenue le 8 avril. Depuis cette date, il n'est plus possible de bénéficier le moindre correctif (sauf dans quelques cas très particuliers qui ne concernent pas le grand public). De ce fait, il est vivement recommandé d'opter très rapidement pour un système d'exploitation plus récent afin d'éviter de s'exposer à d'éventuelles tentatives de piratage.

En France, la très grande majorité des Français n'utilise plus Windows XP. Toutefois, les statistiques nationales fournies par StatCounter montrent qu'une petite minorité (un peu moins de 9 % des usagers) continue toujours de se servir de l'O.S., malgré son obsolescence relative (aux yeux de Microsoft, en tout cas).  Autrement, il y a pratiquement une machine sur dix en France qui fonctionne encore avec Windows XP.

Évidemment, cette part diminue avec le temps. Le problème, c'est qu'elle fond bien trop lentement. À ce rythme, il faudra des années pour atteindre 0 %. Sauf qu'entretemps, il est certain que de nombreuses vulnérabilités auront été repérées et exploitées dans Windows XP. Cette perspective inquiète les professionnels de l'informatique, mais aussi la représentation nationale.

La preuve, avec cette question écrite posée par Frédérique Espagnac, sénatrice socialiste des Pyrénées-Atlantiques. Repérée par Next Inpact, elle revient sur la disparition du support de Windows XP, estimant qu'elle pourrait mettre en péril le tissu économique français en exposant les très petites entreprises et les petites et moyennes entreprises à toutes sortes de menaces informatiques.

Étendant le sujet aux écoles et aux distributeurs automatiques de billets, la parlementaire veut donc savoir "ce qui a été fait en amont par le gouvernement pour prévenir ce changement et ce qu'il compte mettre en œuvre pour éviter les désagréments susceptibles de se produire". Mais dans ce domaine, les marges de manœuvre de l'exécutif paraissent très limitées.

Si l'État peut agir directement au niveau des administrations et impulser une politique de migration vers un système d'exploitation plus récent vendu par Microsoft (ou opter pour des logiciels libres, notamment pour faire des économies vu le coût du logiciel propriétaire), que peut-il faire au niveau du secteur privé, en dehors de quelques recommandations d'ordre général ?

Si le gouvernement a une marge de manœuvre restreinte pour agir immédiatement et directement dans la politique informatique des sociétés du secteur privé, la question – certes tardive – posée par Frédérique Espagnac conduira sans doute l'État à faire le point sur la présence de Windows XP dans l'administration, au sein du système éducatif français et, plus généralement, dans le secteur public.

Rappelons toutefois qu'à défaut de maintenir Windows XP, Microsoft continuera de fournir une protection antivirus pendant un an. Son outil Security Essentials recevra des mises à jour jusqu'au 14 juillet 2015.

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