Google organisait cette semaine une conférence sur son projet Ara, qui ambitionne de proposer au grand public un téléphone modulaire. À cette occasion, l'entreprise américaine a donné quelques détails supplémentaires, notamment au niveau du calendrier.

La parenthèse ouverte par Apple avec l'iPhone est peut-être en train de se refermer. Si l'entreprise américaine a incontestablement marqué – et marque toujours – de son empreinte le marché des smartphones depuis 2007, notamment en pesant sur le design des produits concurrents et en popularisant les applications mobiles, un nouveau chapitre est sur le point de s'écrire.

Le principe du téléphone actuel, immuable car figé dans ses caractéristiques une fois acheté, a peut-être vécu. Depuis quelques mois, une nouvelle tendance est en train d'émerger dans le secteur des terminaux : celui des mobiles fragmentés, c'est-à-dire dont les composants principaux sont des modules pouvant être personnalisés en fonction des besoins de l'utilisateur ou remplacés en cas de défaillance.

Dans ce domaine, l'un des projets les plus spectaculaires est celui conduit par Google. Baptisé Ara, il consiste à élaborer un terminal dont le squelette général (proposé en plusieurs tailles) pourrait accueillir différents organes selon les envies de son propriétaire. Il sera possible de jouer sur la capacité de stockage, sur la qualité de l'objectif photo, sur l'autonomie de la batterie et ainsi de suite.

Le projet Ara ouvre des perspectives assez prometteuses pour l'usager. Alors qu'un mobile est jugé obsolète au bout d'un an ou deux du fait de l'évolution très rapide de la technologie, un smartphone modulaire pourrait s'avérer moins sensible à ce phénomène. Au lieu d'acheter un nouvel appareil coûtant des centaines d'euros, il suffirait de cibler une ou deux "briques" et de les remplacer.

La durée de vie devrait également s'allonger. Si un terminal bien entretenu et utilisé avec précaution peut tenir des années, la défaillance d'une seul composant peut parfois conduire l'utilisateur à mettre son téléphone à la poubelle alors qu'il pourrait sans doute être remplacé à peu de frais. C'est aussi dans cette direction que veut aller le projet Ara : faciliter la réparation du mobile.

En l'état actuel des choses, Google estime à cinq ou six ans la durée de vie standard d'un portable Ara. Les pièces devraient être vendues via une plateforme spéciale. Android devrait être la plateforme logicielle installée par défaut, et, à l'image de ce qui est en train d'être fait avec les montres connectées, une version spéciale du système d'exploitation devrait être développée.

La commercialisation des premiers modèles est attendue pour 2015, avec vraisemblablement un premier modèle bas de gamme en début d'année. Il est question de le vendre 50 dollars, mais l'éventail des prix dépendra en fait de la version du squelette choisie et des composants sélectionnés. Certaines configurations devraient monter jusqu'à 700 dollars.

Google n'est pas la seule société à s'intéresser au principe du téléphone fragmenté. L'entreprise chinoise ZTE a ainsi présenté en début d'année un concept similaire, mais visiblement beaucoup moins avancé qu'Ara. Plus récemment, Toshiba s'est manifesté en proposant d'étendre cette personnalisation aux montres connectées et aux appareils portatifs, ces derniers étant techniquement proches des mobiles.

Reste à savoir si un tel projet pourra séduire au-delà de la simple sphère des technophiles. L'un des enjeux sera la définition de règles communes. Cela étant, rien n'indique que les fabricants aillent dans le sens du téléphone modulaire. Et s'ils s'y risquent, cela se fera peut-être au détriment de l'interopérabilité des composants.

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