La Turquie a ouvert un nouveau front contre Twitter en l'accusant d'évasion fiscale. Le premier ministre turc, très remonté contre certains réseaux sociaux américains, a également dénoncé YouTube et Facebook.

Le premier ministre turc est-il en train de faire de Twitter une affaire personnelle ? C'est la question que l'on peut se poser, tant Recep Tayyip Erdogan paraît vouloir sanctionner le réseau social. En effet, après avoir cherché à bannir le site communautaire de Turquie, via la participation contrainte des fournisseurs d'accès à Internet, voilà qu'Ankara déplace le combat sur le terrain de la fiscalité.

"Twitter, YouTube et Facebook sont des sociétés internationales créées pour faire du profit", a lancé le premier ministre, accusant tout particulièrement Twitter d'être un "évadé fiscal", une dizaine de jours après la décision de la cour constitutionnelle ordonnant le déblocage de la plateforme américaine.

Cette nouvelle accusation portée par Erdogan est nettement plus rusée que les précédentes tentatives du gouvernement turc de museler les réseaux sociaux, puisqu'il reprend en fait une critique que l'on retrouve dans de nombreux pays occidentaux. (comme en France).

Si la manière dont Ankara compte régler ce problème d'évasion fiscale n'est pas encore évidente, il sera certainement plus difficile pour l'Union européenne de manifester leur désapprobation dans la mesure où les grandes entreprises américaines sont aussi accusées de ne pas respecter les règles fiscales des pays dans lesquels elles sont actives.

Bien évidemment, la charge d'Erdogan contre Twitter, YouTube et Facebook est clairement dictée par un agenda politique et non pas le souci de l'équité fiscale. Celle-ci arrive en effet opportunément au moment où des vidéos compromettantes pour le régime sont apparues, ainsi que des enregistrements de conversations censées montrer un scandale de corruption jusqu'au plus haut sommet de l’État.

Signe supplémentaire que la question fiscale n'est qu'un prétexte pour chercher un nouveau moyen de s'attaquer à ces sites, seuls les sites communautaires impliqués de près ou de loin dans la diffusion des enregistrements sont mentionnés : YouTube pour être la plateforme d'hébergement, Twitter et Facebook pour favoriser la discussion au sein des internautes turcs.

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