Écarté par Vivendi dans le dossier SFR, le groupe Bouygues envisagerait sa sortie du secteur de la téléphonie. Des discussions auraient lieu entre l'entreprise et Free pour céder à ce dernier la totalité des activités du premier.

Maintenant que Vivendi va céder SFR à Numericable, que va faire Bouygues Telecom ? Si l'opérateur laisse planer l'éventualité d'un recours pour contester l'acquisition devant la justice, se pose également la question du maintien des activités du groupe dans la téléphonie mobile à plus long terme. Car si Numericable récupère effectivement SFR, Bouygues Telecom peut-il survivre dans ce nouvel environnement ?

Au vu de la tournure des évènements, l'hypothèse d'un désengagement du groupe Bouygues prend de l'épaisseur. On savait déjà que des discussions entre Free Mobile et Bouygues Telecom étaient engagées depuis la mi-mars, dont l'objet n'est autre que la vente de son réseau mobile mais à la condition que Bouygues soit effectivement choisi par Numericable dans le dossier SFR.

Puisque c'est Numericable qui a remporté la mise, cette perspective est-elle encore d'actualité ? Oui, selon Le Parisien. Il s'agirait de vendre toutes les activités télécoms de Bouygues, incluant les infrastructures techniques (réseau fixe et réseau mobile), le portefeuille des fréquences (2G, 3G et 4G) ainsi que la clientèle (1,9 million dans le fixe, 11,2 millions dans le mobile).

Les deux groupes ne s'entendraient pas sur le prix de vente. Bouygues, naturellement, essaie de faire monter les enchères aussi haut que possible, quitte à prendre contact avec d'autres opérateurs européens, comme l'Espagnol Telefónica. Bouygues demanderait 8 milliards d'euros. De son côté, Iliad, la maison-mère, ne tient pas à se ruiner. Elle préférerait un montant de l'ordre de 5 milliards d'euros.

Interrogés par Le Parisien, Bouygues n'a pas souhaité faire de commentaires tandis qu'Iliad a écarté ce scénario. Mais si celui-ci est effectivement sur les rails, ce serait un retournement de l'histoire très piquant. N'était-ce pas Martin Bouygues qui affirmait s'être "acheté un château" (Bouygues, ndlr) et n'avait donc aucune envie de " laisser les romanichels (Free, ndlr) venir sur les pelouses" ?

Martin Bouygues, qui affirmait autrefois "préférerait crever" plutôt que de vendre à Free, semble désormais envisager de vendre aux romanichels qui étaient conspués naguère.

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