Vivendi a annoncé samedi avoir choisi l'offre de Numericable dans le cadre de la vente de SFR. Le gouvernement a pris acte de ce choix et rappelé à au câblo-opérateur ses engagements sur l'emploi... tout en l'invitant à faire preuve de "patriotisme économique".

Numericable est prévenu. Arnaud Montebourg, désormais devenu ministre de l'économie, du redressement productif et du numérique suite au remaniement ministériel, sera "extrêmement vigilant" sur le processus de rachat de SFR par le câblo-opérateur ainsi que sur les conséquences de cette opération, qui se fera au détriment de Bouygues Telecom, qui avait pourtant ajusté son offre à deux reprises pour emporter la mise.

Dans un communiqué (.pdf) publié dans les heures qui ont suivi l'annonce de Vivendi, le ministre a en particulier invité Numericable à "faire preuve de patriotisme économique" et à tenir ses engagements en matière d'emploi. Concrètement, pas question de voir le moindre licenciement. En outre, l'exécutif attend de l'entreprise qu'il traite avec des fournisseurs français.

"Le gouvernement demande […] au groupe Numericable de se placer dans le cadre du plan France très haut débit, de clarifier ses objectifs à cet égard, et de faire preuve de patriotisme économique pour le choix de ses fournisseurs. Les engagements d’investissement de SFR dans la fibre à domicile doivent être maintenus par Altice et Numericable", souligne le communiqué.

Avant que Vivendi ne prenne sa décision, Arnaud Montebourg avait clairement signifié que sa préférence allait à Bouygues Telecom dans le dossier SFR. À la radio, le ministre avait ainsi estimé que le choix de Numericable "pose un certain nombre de problèmes et de questions", le jugeant trop éloigné de la "vision industrielle" de l'État concernant le secteur des télécommunications.

Le scénario qu'aurait préféré Montebourg

Le gouvernement est en effet favorable à un retour à trois opérateurs au lieu de quatre dans la téléphonie mobile. Le scénario souhaité par l'exécutif aurait consisté en une fusion entre SFR et Bouygues afin de casser la dynamique de la concurrence, mais en conservant les acquis obtenus par les clients suite à la guerre des prix, qui a entrainé une baisse des tarifs d'environ 30 %.

Il s'agissait en fait de favoriser le retour de marges bénéficiaires suffisamment fortes pour effectuer une taxation indirecte par la vente des futures licences 5G et favoriser les investissements dans la fibre optique en redonnant des moyens aux opérateurs. Car comme le rappelle Arnaud Montebourg, le "plan France Très haut débit prévoit la desserte de 80 % de la population en fibre à domicile d’ici 2022".

Le plan du gouvernement avait été confirmé par Arnaud Montebourg à la radio. "Nous sommes favorables à un retour à trois opérateurs (…) parce que nous pensons que ça ne porte pas préjudice aux consommateurs, et ça permet de stabiliser un secteur où nous avons à investir pour moderniser la France. 30 milliards d'euros dans la fibre. Nous avons besoin non pas de câble, mais de fibre".

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