Les accessoires connectés peinent à convaincre les utilisateurs. Deux enquêtes récentes révèlent en effet que de nombreux usagers abandonnent rapidement ces nouveaux gadgets, signe que ces derniers n'ont pas encore démontré leur véritable utilité.

Lunettes high-tech, montres intelligentes, bracelets connectés… les accessoires représentent aujourd'hui le nouveau terrain de jeu de l'industrie informatique. Ces derniers mois, plusieurs constructeurs ont sauté le pas. Des produits ont été présentés lors des salons spécialisés, tandis que d'autres ont été commercialisés. Google, de son côté, entend bien se situer au cœur de ce nouveau marché.

Mais encore faut-il que la clientèle soit convaincue par ces nouveaux gadgets. Or, des enquêtes menées par Endeavour Partners et CCS Insight aux États-Unis et au Royaume-Uni, et signalées en début de semaine par le Guardian, révèlent un fort taux d'abandon des accessoires intelligents. De plus, ils sont délaissés très rapidement par les utilisateurs.

Outre-Atlantique, Endeavour Partners a par exemple noté qu'un tiers des Américains ayant acheté un accessoire connecté a cessé de s'en servir au cours des six premiers mois. Et alors que seul un Américain sur dix possède un appareil opérant un suivi de l'activité (sportive, par exemple), la moitié d'entre eux ne s'en sert plus.

Au Royaume-Uni, les résultats obtenus par CCS Insight sont relativement similaires. Certes, les sondés connaissent à 65 % l'existence des montres intelligentes (smartwatches) et à 55 % les bracelets connectés (par exemple pour le fitness). Mais parmi ceux qui en possèdent, pas moins 40 % ont cessé de s'en servir par lassitude ou parce qu'ils ont fini par l'oublier.

Lorsque l'on se penche sur les raisons de ce désintérêt, il n'y a pas un mais plusieurs facteurs qui entrent en ligne de compte. Cela peut venir de la conception même de l'appareil : trop gros, pas assez élégant, autonomie insuffisante… Ces critiques, Samsung les connaît bien : elles ont ciblé le premier modèle de la montre Galaxy Gear, obligeant l'entreprise sud-coréenne à revoir sa copie.

Les accessoires intelligents souffrent aussi d'un manque de maturité. Une fois passée la découverte du produit, celui-ci a-t-il vraiment les arguments pour justifier une utilisation dans la durée ? Les bracelets connectés qui fournissent par exemple des informations lors d'une course à pied valent-ils l'achat, lorsque des applications mobiles gratuites peuvent faire en gros la même chose ?

Ces nouveaux gadgets n'ont pas encore trouvé leur place dans le quotidien des utilisateurs, contrairement aux smartphones, qui ont su s'imposer non pas sur le plan technique mais en offrant des usages nouveaux en situation de mobilité (surfer sur le net, consulter ses mails…). C'est sans doute ce qui manque à ces objets : des usages spécifiques adossés à des applications elles-mêmes intégrées à un écosystème plus vaste.

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