En choisissant Numericable plutôt que Bouygues, Vivendi a créé un séisme dans le secteur des télécoms. Le gouvernement, qui privilégiait l'autre scénario, est particulièrement remonté et a depuis décidé d'élargir la discussion à la question fiscale...

Le feuilleton du rachat de SFR par Numericable se poursuit. Alors qu'Arnaud Montebourg est visiblement déterminé à empêcher cette acquisition, au point de mobiliser les banques et les institutions de contrôle de la concurrence, c'est au tour de la ministre déléguée à l'innovation et à l'économie numérique d'intervenir dans ce dossier en invitant le PDG de Numericable, Patrick Drahi, à revenir s'installer en France.

Au Journal du Dimanche, Fleur Pellerin a déclaré que l'homme d'affaires, résident suisse, "devra rapatrier sa résidence fiscale en France et gérer ses affaires depuis Paris". La ministre considère en effet que Patrick Drahi "devra faire des efforts" s'il "devient le deuxième opérateur de télécoms en France". De plus, Numericable est attendu au tournant au sujet de l'emploi. Le groupe s'est engagé à ne procéder à aucun licenciement.

La question fiscale a émergé vendredi dernier, quand Arnaud Montebourg est intervenu sur Europe 1 pour s'en prendre aux montages fiscaux mis en place par le PDG de Numericable. "Numericable a une holding au Luxembourg, son entreprise est cotée à Amsterdam, sa participation est dans un paradis fiscal à Guernesey, et lui-même réside en Suisse. Donc nous avons des questions fiscales à lui poser".

Au-delà du sujet de l'évasion fiscale se dessine la question du nombre d'opérateurs mobiles en France. Si Vivendi choisi de vendre SFR à Numericable, le marché sera toujours constitué de quatre acteurs : Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free. Si cette configuration a permis de faire baisser les prix de façon spectaculaire depuis 2012, l'exécutif souhaite revenir à trois opérateurs.

Le gouvernement, qui estime que cette baisse est définitivement acquise, souhaite fusionner SFR et Bouygues, afin que les trois opérateurs restants génèrent à nouveau marges bénéficiaires suffisamment importantes pour réaliser une taxation indirecte par la vente des futures licences 5G, et alimenter le budget de l’État, et favoriser les investissements dans la fibre optique, qui coûtent très cher.

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