Apple a refusé de distribuer sur l'App Store la version électronique d'un roman, en jugeant que sa couverture sur laquelle apparaît une femme nue était "inappropriée" pour les utilisateurs d'iPad ou iPhone.

Sans doute votre libraire de quartier n'osera pas le mettre dans sa vitrine pour vous inciter à l'acheter (quoique), mais au pire vous proposera-t-il de le commander s'il n'en a vraiment pas un exemplaire dans le fond d'un rayon. Cependant, Apple ne veut pas être un libraire comme les autres en matière de livres électroniques. Alors que la part de marché de l'iPad sur les liseuses de livres électroniques fait que l'App Store est devenue une place incontournable, Apple veut user de cette position dominante pour se faire gendarme de la morale publique, et imposer y compris en France la morale anti-sexe des Etats-Unis.

Ainsi Le Figaro rapporte qu'Apple a refusé de référencer sur l'App Store la version électronique du roman La Femme écrit par Bénédicte Martin (Editions des Equateurs). "La société américaine estime que la couverture du livre de Bénédicte Martin représentant une femme aux seins nus prolongeant une lame de poignard est ‘‘inappropriée''", explique l'éditeur au quotidien. La couverture présente un poignard dont le manche est représenté par le torse nu d'une femme.

L'an dernier, Apple avait obligé la plateforme de bandes dessinées IDBoox à censurer 1500 BD, dont une ou plusieurs vignettes risquaient d'être jugées inappropriées par Apple, et d'aboutir à la suppression entière de l'application IDBoox sur l'App Store. 

Fâchées contre ce qu'il juge être une "censure manifeste", Les Editions des Equateurs ont demandé à la ministre de la culture Aurélie Filippetti d'intervenir pour protéger la liberté artistique et la liberté d'expression. Pour le moment, les réponses politiques au problème croissant des effets sociétaux de la position dominante des plateformes américaines ont été timides.

Seul le Conseil National du Numérique (CNNum) s'en est véritablement emparé avec un chantier sur la neutralité des plateformes, trop souvent pris de haut par les observateurs qui y voient une atteinte à la liberté des acteurs économiques comme Apple, Facebook ou Google.

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