Tim Berners-Lee a appelé ce mercredi à la mise en place d'une charte destinée à protéger Internet, dans laquelle la nécessité d'avoir un réseau libre, ouvert et neutre serait rappelée. Souhaitant une révision de la législation, il s'est inquiété de l'apathie généralisée qui semble frapper les internautes face à la surveillance de masse.

À l'occasion des 25 ans du web, qu'il a contribué à mettre au point en publiant dans le cadre du CERN un document décrivant un système hypertexte, Tim Berners-Lee a appelé de ses vœux l'établissement d'une grande charte d'Internet. Selon l'actuel président du W3C, ce document solennel devra en particulier réaffirmer la nécessité d'avoir un réseau des réseaux libre, ouvert et neutre.

"Sauf à avoir un Internet libre et neutre sur lequel nous pouvons nous appuyer sans se soucier de ce qui se passe en coulisses, nous ne pouvons pas avoir de gouvernement ouvert, de bonne démocratie, de bon système de santé, des communautés reliées entre elles et une diversité culturelle", a-t-il expliqué dans un entretien accordé ce mercredi au Guardian.

"Ce n'est pas être naïf de croire que l'on peut avoir cela, mais c'est naïf de penser que l'on peut l'obtenir en restant les bras croisés", a-t-il ajouté. Aux internautes de se mobiliser pour faire infléchir la classe politique et faire évoluer la législation. Car il ne s'agit pas seulement de mettre un frein à la surveillance de masse révélée grâce à Edward Snowden. Il s'agit de revoir toute la législation et en particulier le droit d'auteur.

Dénonçant ainsi les lois qui protègent les producteurs en envoyant des gens en prison parce qu'ils ont téléchargé un film, Tim Berners-Lee a également dénoncé l'inculture du législateur en matière informatique. "Nous avons besoin que nos juristes et nos politiciens comprennent la programmation, comprennent ce qu'on peut faire avec un ordinateur".

Outre les principes d'ouverture, de liberté et de neutralité, la grande charte souhaitée par Tim Berners-Lee devrait également sanctuariser la vie privée, la liberté d'expression et l'anonymat (que l'inventeur du www souhaite "responsable", sans préciser sa pensée).

"Nos droits sont bafoués de plus en plus de tous les côtés et le danger est que nous nous y habituions", a ajouté l'inventeur du web, craignant une certaine apathie généralisée. "Je tiens donc à utiliser le 25e anniversaire pour inviter nous tous à mettre la main à la pâte afin de reprendre la main et définir le web que nous voulons pour les 25 prochaines années".

Son appel sera-t-il entendu ?

( photo : CC BY-NC-ND Will Lion )

Partager sur les réseaux sociaux

Articles liés