Patrick Rock, conseiller du premier ministre britannique David Cameron, qui avait milité avec succès pour la mise en place du filtrage en Grande-Bretagne, a été arrêté pour avoir lui-même possédé des images pédopornographiques sur son ordinateur. Ou comment l'hypocrisie éclate au grand jour.

Nous avons souvent eu l'occasion de dire à quel point le blocage des sites par les FAI était la solution la plus hypocrite qui soit pour lutter contre la diffusion des images pornographiques. Non seulement c'est inefficace d'un de point de vue technique, souvent source d'erreurs et de censure, peut-être même (mais c'est un sujet très délicat et polémique) contre-productif du point de vue des passages à l'acte, mais c'est surtout une forme de régulation par la lâcheté.

Avec le filtrage, le législateur préfère jeter le voile sur une réalité pour la faire oublier plutôt que de lutter contre elle. Or les pédophiles savent où trouver les images qu'ils recherchent, et ce n'est pas en passant par les sites internet que les mesures de filtrage sont censées bloquer. Ils utilisent des réseaux anonymes chiffrés, et de plus en plus souvent des ordinateurs virtuels qui leur permettent de consulter à distance les contenus illicites, en streaming, sans laisser de traces sur leur propre ordinateur.

Il n'est donc pas très étonnant que l'hypocrisie — dénoncée par des associations de protection de l'enfance — se transforme désormais en scandale.

Un filtrage des moteurs de recherche

En Grande-Bretagne, l'un des principaux conseillers du premier ministre David Cameron, Patrick Rock, qui a participé à l'élaboration d'un programme détestable de filtrage par défaut, a été arrêté le 13 février dernier pour avoir lui-même possédé des images pédopornographiques sur son ordinateur. 

Patrick Rock avait été l'un des promoteurs de la censure des résultats des moteurs de recherche par Google et Microsoft, à partir d'une base de données de contenus pédopornographiques, mais aussi d'associations de mots clés saisi sur Google ou Bing.

"Si vous avez utilisé (ces expressions) c'est que vous recherchiez des images d'abus d'enfants en ligne", avait répliqué l'an dernier le premier ministre David Cameron pour répondre aux adversaires d'une censure décidée par les autorités, en lien avec des entreprises privées, sans contrôle démocratique. "J'ai mis au défi les entreprises de recherche de bloquer ces termes, de s'assurer qu'aucun contenu illégal ou aucun chemin vers des contenus illégaux ne soient retournés". L'objectif final étant d'étendre ensuite la censure aux recherches "dépravées" de toute nature.

"Il y a une enquête en cours dont il se serait pas approprié de commenté plus avant, mais le Premier Ministre estime que les images d'abus d'enfants sont odieuses et que quiconque est impliqué devrait être traité comme il se doit conformément à la loi", a commenté un porte-parole du 10 Downing Street.

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