Alors que Martin Bouygues joue de son influence pour rencontrer personnellement François Hollande et défendre en dernière minute son projet d'acquisition de SFR en misant notamment sur la préservation de l'emploi, Numericable s'emploie à contrer l'argumentaire en reprenant les mêmes promesses. Bien placé pour acheter SFR, Numericable conforte ses positions.

Interrogé par Le Figaro, Patrick Drahi, le président du fonds Altice qui détient Numericable, affirme ainsi ce mardi que le câblo-opérateur s'engage lui aussi "à conserver les 8500 emplois chez SFR et les 2400 emplois chez Numericable, et même recruter des commerciaux pour le marché des entreprises".

Par ailleurs, alors que Bouygues imagine se séparer de son réseau d'antennes-relais au profit de Free, Numericable n'aurait aucune infrastructure à revendre au vilain petit canard des télécoms, et promet de faire appel à des industriels français (Alcatel-Lucent, Technicolor, Sagemcom) pour développer ses activités, y compris à l'étranger. Un patriotisme appelé de ses voeux par Arnaud Montebourg.

Enfin sur le plan stratégique, Altice veut profiter de la marque SFR pour étendre son réseau de fibre optique, beaucoup plus rentable que les services mobiles. Avec 12 millions de foyers reliés d'ici 2017, "son but est de recruter 6 millions de clients d'ici trois ou quatre ans et ainsi d'accroître le chiffre d'affaires de 3 milliards d'euros", explique Le Figaro. Un objectif que peut difficilement atteindre Bouygues Telecom. De même sur les entreprises, Numericable ambitionne de capter 30 % du marché du très haut débit.

Bouygues Telecom n'a que jusqu'à mercredi soir pour déposer son offre de rachat et convaincre qu'il peut apporter des garanties équivalentes, non seulement en terme d'emplois sauvegardés, mais aussi de croissance à moyen terme.

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