En Amérique du Nord, un concurrent de Nespresso a décidé d'ajouter un DRM à ses cafetières, pour qu'elles n'acceptent que les capsules officielles.

La technique empruntée aux cartouches d'encre des imprimantes arrivera-t-elle jusqu'à nos machines à café européennes ? En Amérique du Nord, le grand concurrent de Nespresso, Keurig, a décidé de commercialiser une nouvelle version de ses machines à café, pour lutter contre les concurrents qui proposent des capsules compatibles ou contre les boutiques qui proposent de "recharger" les capsules usagées.

La nouvelle machine sera dotée d'un système (probablement à base de puces RFID ou équivalents) qui contrôlera l'origine des capsules insérées dans la machine à café. Si la capsule n'est pas une "K-Cup" de Keurig, la cafetière refusera de la traiter. Officiellement pour garantir aux consommateurs une qualité uniforme des cafés réalisés avec la machine. Officieusement, depuis que Keurig a perdu ses brevets clés en 2012, qui protégeaient la forme des capsules, les ventes de consommables compatibles non officiels représentaient 12 % du marché, grâce à leur prix jusqu'à 25 % moins cher.

Juridiquement, le fait d'empêcher artificiellement des firmes concurrentes de proposer des capsules de café compatibles avec une machine peut cependant être vu comme une entrave à la concurrence, condamnable en justice. En France, Ethical Coffe Company accuse ainsi Nespresso d'avoir modifié ses machines pour y insérer un nouveau système de perçage des capsules par aiguilles qui n'apporterait rien aux consommateurs, mais rendrait certaines capsules impossibles à utiliser. "A partir du moment où vous opérez sur un marché en situation de position dominante vous avez un certain nombre de devoirs", rappelait le patron d'ECC, Jean-Paul Gaillard, qui a fondé sa société en s'attaquant aux brevets anticoncurrentiels de Nespresso.

"On ne peut apporter des changements à un appareil dans le seul but d’empêcher la concurrence. C’est comme si Microsoft obligeait les utilisateurs de Windows à intégrer une amélioration qui les empêcherait d’utiliser Firefox ou tout autre navigateur Internet. Les autorités de la concurrence y mettraient fin très vite. Microsoft le sait, la leçon leur a coûté très cher".

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