
Depuis le printemps 2013, les Parisiens qui se promenaient du côté du quartier de la Butte-aux-Cailles, dans le 13ème arrondissement, pouvaient découvrir dans le haut de la rue de l'Espérance une peinture murale anti-Hadopi réalisée par l'artiste finlandais Sampsa. Le pochoir montrait une sorte de robot-moustique prêt à percer le dos d'un adolescent apeuré, le casque de son baladeur MP3 sur la tête, et était accompagné d'un titre en lettre rouge sang : "The Blood Sucking HADOPI".
Le street artist nordique avait ainsi réalisé toute une série de pochoirs anti-Hadopi, pour manifester son désaccord avec les lois anti-piratage en Europe. "Je trouve ces lois sur le copyright abusives et nous sommes nombreux à le penser", expliquait Sampsa au blog spécialisé InZeStreet, en dénonçant les disproportions des sanctions encourues pour la contrefaçon.
"Je pense que le Street Art, combiné avec des mécanismes sociaux, comme par exemple l’initiative citoyenne, peuvent être une nouvelle forme de mouvement social", ajoutait-il.
"L’échange de données fait peur à l’industrie du divertissement car il permet de connecter les artistes directement avec le consommateur. L’argent dépensé dans ces lois, avec le coût des envois de lettres d’avertissement par la poste, pourrait être investi dans autre chose, par exemple dans des laboratoires de recherche de médias d’universités pour créer une plateforme de partage avec rémunération directe à l’artiste."
Mais son oeuvre, nécessairement éphémère s'agissant de dessins réalisés sur des murs, a en parti disparu sous les pinceaux des services municipaux.
Sur Twitter, @v23id faisait en effet remarquer ce mercredi matin que les murs de la Butte-aux-cailles avaient été nettoyés de différents tags politiques qui étaient inscrits. Certains nettoyages étaient certainement bienvenues, et réalisés en respect aux oeuvres de street art qui avaient été défigurées, tel ce tag "Dieudonné" retiré d'une peinture :

Mais, soit parce qu'ils pensaient que le message ne faisait pas partie de l'oeuvre initiale, soit parce qu'ils ont considéré qu'il s'agissait d'un message politique devant être retiré comme les autres, les services municipaux du 13ème arrondissement ont également supprimé le "Blood Sucking Hadopi" qui donnait toute son explication au dessin :
Un peu trop... Le message sur Hadopi a aussi été nettoyé! pic.twitter.com/3IktLdDAw4
— v23id (@v23id) 12 Février 2014
Pas le moindre des paradoxes qu'un artiste critiquant Hadopi se retrouve ainsi censuré pour sauvegarder la réputation de l'autorité administrative chargée (c'est l'idée) de faire en sorte que les artistes puissent continuer à créer.































