Le retour à trois opérateurs de téléphonie mobile pour le marché français n'est pas du tout souhaitable, a prévenu le président de l'autorité de la concurrence. Avant d'en arriver à cette extrémité, il convient d'abord d'envisager d'autres solutions, à commencer par la mutualisation dans les réseaux.

Cela fait désormais deux ans que Free est arrivé sur le marché de la téléphonie mobile. Depuis cette date, le secteur a indéniablement changé : le coût moyen d'une facture mensuelle a diminué, même si cette tendance remonte à 2005, et une compétition acharnée a débuté dans le très haut débit mobile, bien que la perspective d'une guerre des prix dans la 4G inquiète le gouvernement.

Toutefois, il n'est absolument pas certain que le marché français conserve quatre opérateurs ad vitam æternam. La bataille commerciale qui est en train d'avoir lieu dans le très haut débit mobile et la rivalité exacerbée qui s'est manifestée ces dernières semaines entre Orange, SFR, Bouygues Télécom et Free Mobile pourraient remettre en cause cet équilibre et entraîner la disparition de l'un d'entre eux.

Sur ce sujet, l'autorité de la concurrence a eu à quelques reprises l'occasion de s'exprimer de façon informelle. Pour son président, Bruno Lasserre, l'idée d'un marché de la téléphonie mobile limité à trois opérateurs n'est pas souhaitable. Il s'agirait d'un retour en arrière regrettable. Selon lui, la somme des avantages d'un jeu à quatre opérateurs est supérieure à l'ensemble de ses effets négatifs.

En 2014, Bruno Lasserre n'a pas changé d'avis. Interrogé par BFM TV, le président de l'autorité de la concurrence a expliqué que le retour à trois opérateurs n'était pas une perspective satisfaisante, qu'importe la façon dont le passage de quatre à trois acteurs se ferait. D'autant qu'avant d'envisager ce scénario, il convient d'explorer toutes les autres pistes que peuvent emprunter les opérateurs.

"Avant de parler de consolidation, de fusion, a-t-on déjà bien exploré les bénéfices de la mutualisation entre les réseaux ? Et est-on sûr que cette consolidation par rachat ou fusion est la solution la plus favorable à l'investissement, à l'innovation, à l'emploi ? J'aimerais en être certain", a-t-il commenté.

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