Jeudi matin paraissait sur Ratiatum.com une tribune de cinq députés socialistes, à laquelle vous avez été nombreux à réagir. Ils ont souhaité répondre à vos commentaires et critiques, et voici donc leur réponse :

« Chers internautes,

Nous vous remercions pour vos nombreux commentaires et tenons à y répondre dès maintenant et de façon collective, devant l’impatience de certains.

Nous sommes heureux de constater qu’une majorité d’entre vous comprend notre démarche.

Nous souhaitons néanmoins vous apporter des précisions sur le sens de celle-ci, ainsi que sur les objectifs que nous poursuivons. Pour, nous l’espérons, dissiper certains malentendus.

Certains s’étonnent que ce texte n’ait pas été publié dans un grand quotidien. Sachez qu’il a été refusé par Libération. D’autres ne comprennent pas ou n’acceptent pas que des députés interviennent sur « leur » espace de discussion sur internet. Ils l’acceptent d’autant moins que nous serions, par nature ? enclin à la démagogie et à l’électoralisme.

Notre choix de publier cette tribune sur Ratiatum, démarche considérée comme pionnière, est une façon de rendre hommage au rôle que joue désormais la Toile dans le débat public – qui apparaît souvent sclérosé dans les médias traditionnels – et de manifester l’émergence d’internet en tant que média à part entière. A en juger par le nombre de commentaires, notre contribution a suscité le débat, même au sein d’un auditoire censé acquis par avance.

Nous avons des convictions, qui ont prévalu au sein du groupe socialiste – après un débat nourri où Christian Paul et Patrick Bloche ont joué entre autres un rôle décisif – et permis que ce soit la seule instance collective, au sein du parti socialiste, qui adopte une position claire, en faveur de la licence globale et d’une conception pragmatique et respectueuse des libertés publiques. Ces convictions, nous souhaitons les porter à la connaissance du plus grand nombre et faire en sorte qu’elles s’imposent au sein du PS.

Nous avons la faiblesse de croire que l’échéance de 2007 est importante et qu’elle peut être l’occasion de revenir sur ce que certains appellent le DADVSI code. Parce que nous nous sommes investis à l’Assemblée nationale, à des degrés divers mais sans ambiguïté, en faveur d’un conception alternative à celle de l’UMP et de son président Nicolas Sarkozy, nous estimons qu’il est de notre devoir de faire en sorte que le candidat des socialistes fasse sien ce combat. Car si le PS et son candidat ne portent pas ce combat, qui pourra le faire aboutir ?

Or, à la différence de l’UMP – où son président a remis de l’ordre après les égarements de la droite lors du vote du 21 décembre – la question n’est toujours pas tranchée au sein du PS.

Pour nous, il y a donc là un enjeu politique – au sens noble, si pour certains d’entre vous vous nous concédez qu’il puisse y en avoir un : peser pour orienter la ligne politique de notre parti et faire en sorte que l’on puisse abroger le DADVSI code et proposer de nouvelles règles.

Nous comprenons ceux qui déplorent la bipolarisation du débat, mais la nier n’est pas réaliste. Nous sommes convaincus que la philosophie sécuritaire que Nicolas Sarkozy développe peut et doit être combattue frontalement par un projet alternatif, que nous tentons, avec d’autres, d’esquisser.

N’en déplaise à certains d’entre vous, et sans nier le fait que des personnalités socialistes (toujours éminentes bien sûr !) aient exprimé à titre personnel une position différente, la position collective des députés socialistes n’a pas varié durant tous les débats à l’Assemblée nationale. Contrairement à celle de l’UMP ! Car c’est bien le groupe UMP qui a voté en mars 2006 contre l’amendement qu’il avait voté en décembre 2005 ! Certes, quelques personnalités au sein de l’UMP ont conservé la même position courageuse, nous le reconnaissons sans difficulté et nous nous en réjouissons. Mais elles sont restées isolées et force est de constater qu’elles ont perdu, au sein de leur propre camp, la bataille de conviction que nous pensons encore pouvoir gagner au sein du PS.

Chers internautes, nous sommes bien entendu toujours à votre disposition pour prolonger cet échange, que nous croyons utile et fructueux, pour vous comme pour nous.

Jean-Michel BOUCHERON, Alain CLAEYS, Philippe MARTIN, Didier MATHUS et Didier MIGAUD, députés socialistes« 

La rédaction de Ratiatum.com tient à préciser qu’elle n’est associée à aucune formation politique et qu’elle recevra avec le même accueil toute tribune soumise à elle, quelle que soit la tendance exprimée.

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