Le verdict est radical. La justice britannique, saisie par la British Phonographic Industry (BPI), a ordonné aux six principaux opérateurs du pays de bloquer l'accès à 21 sites accusés d'enfreindre la propriété intellectuelle. Des sites de liens BitTorrent sont concernés, ainsi que des services de téléchargement direct.

Une page se tourne dans l'histoire du piratage au Royaume-Uni. Outre-Manche, la justice a ordonné aux six principaux fournisseurs d'accès à Internet du pays (BSkyB, BT, Everything Everywhere, TalkTalk, Virgin Media et O2) d'empêcher leurs clients d'accéder à 21 sites accusés d'enfreindre la propriété intellectuelle. Selon le Guardian, cette mesure entre en vigueur ce mercredi.

Une fois encore, c'est la British Phonographic Industry (BPI), une association spécialisée dans la défense des intérêts de l'industrie du disque au Royaume-Uni, qui est à l'origine de ce résultat. L'organisation, qui s'est déjà illustrée par le passé en obtenant le blocage de divers sites de téléchargement (The Pirate Bay, Kat.ph, Fenopy, H33t, Movie2K, Download4All…), étend aujourd'hui son tableau de chasse.

La liste des plateformes concernées a été diffusée par la BBC. Outre des services de téléchargement direct, adossés à des moteurs de recherche spécialisés, plusieurs sites de liens BitTorrent sont touchés. Citons en particulier 1337x, BitSnoop, ExtraTorrent, TorrentHound, TorrentReactor et Torrentz.

Comme toujours, le blocage des sites accusés de favoriser le téléchargement illicite est une stratégie du court-terme : s'ils ne peuvent plus accéder à leur plateforme habituelle, les internautes optent pour des sites alternatifs (en P2P, en DDL ou en streaming) ou utilisent des miroirs (comme ExtraTorrentUnblocked.co par exemple). La BPI ne répond pas à l'enjeu du piratage, elle ne fait que déplacer le problème ailleurs.

Cela étant, les ayants droit font un autre pari : en bloquant les principales portes d'entrée du téléchargement illégal, ils espèrent non pas en finir une fois pour toute avec le piratage mais le réduire à sa portion congrue. Les industries culturelles ont conscience que les technophiles possèdent les connaissances techniques suffisantes pour échapper à un blocage. Mais est-ce le cas d'une madame Michu ?

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