L'association UFC-Que Choisir s'est intéressée à l'arrivée de la 4G à Paris. Elle nuance les affirmations des trois principaux opérateurs (Orange, SFR et Bouygues), qui laissent entendre des taux de couverture très élevés.

La musique est connue : à chaque fois qu'une nouvelle norme pour la téléphonie mobile apparaît, les opérateurs se livrent à une joute verbale pour vanter la qualité et l'étendue de leur réseau dans l'espoir d'attirer de nouveaux clients ou de convaincre ceux déjà abonnés de prendre un autre forfait, vendu plus cher. La 4G n'y échappe évidemment pas, d'autant que ce standard est le premier à fournir du "très haut débit mobile".

Technologie récente, la 4G est en cours de déploiement en France. Naturellement, les opérateurs qui proposent des formules 4G concentrent leurs efforts sur les grandes agglomérations, là où les consommateurs potentiels sont les plus nombreux. Une attention toute particulière est réservée à Paris et ses 2,2 millions d'habitants, en témoigne les annonces de SFR ou Orange.

Sauf que les déclarations des trois principaux opérateurs engagés dans cette compétition (Orange, SFR et Bouygues) ne cadrent pas toujours avec la réalité du terrain. C'est ce qu'a constaté l'association UFC-Que Choisir, qui s'est penchée sur la couverture dans la capitale française. Un bref contrôle dans les rues de Paris sur quatre jours révèle qu'aucun d'entre eux ne fournit une couverture complète en 4G.

Que disent les données relevées par l'association ? Que le taux de couverture de Paris est globalement satisfaisant pour les trois opérateurs, sans être parfait. Aussi, les affirmations soutenant que Orange, SFR et Bouygues sont en mesure de couvrir l'ensemble des arrondissements de Paris en 4G sont inexactes même si le taux constaté est haut pour deux d'entre eux (Bouygues et Orange).

Ainsi, la couverture mesurée pour SFR est de 79,2 %, tandis qu'Orange atteint 93,5 % et Bouygues 99,6 %. L'excellent taux de ce dernier s'explique très certainement par le recyclage des fréquences 2G, dont le feu vert a été accordé ce printemps par l'Arcep, ce qui lui permet d'exploiter d'autres bandes de fréquences que celles initialement prévues pour la 4G. Mais de fortes nuances doivent être signalées.

L'UFC-Que Choisir tient à préciser que ces mesures visent d'abord à montrer la réalité du terrain derrière le discours marketing. L'association précise que la photographie de la couverture 4G de Paris doit être améliorée, car elle n'a contrôlé que 25 % des rues de la capitale (ce qui représente tout de même un millier de kilomètres en cumulé) via 15 000 mesures.

Outre le fait que 75 % des voies parisiennes ont été ignorées (l'UFC-Que Choisir souligne toutefois que ce travail se poursuit), aucun test à l'intérieur d'un bâtiment n'a été effectué. Enfin, la situation aujourd'hui doit être sensiblement différente que lors du test début octobre. "Les opérateurs ont sans doute, depuis, « allumé » de nouvelles antennes", avance l'association.

Hélas, le décalage risque de se poursuivre tout au long de l'année 2014 puisque "aucun encadrement" n'est prévu. "Chacun est libre de raconter ce qu’il veut sans risquer quoi que soit", regrette l'UFC-Que Choisir Après 2014, des contrôles de l'Arcep auront lieu. Un peu tard, aux yeux de l'association, qui aurait préféré une intervention plus tôt, car la bataille a déjà commencé.

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