L'opinion des Français vis-à-vis des technologies biométriques est partagée. D'après une étude du CREDOC soutenue et mise en lumière par la CNIL, ces dispositifs sont globalement accueillis favorablement lorsqu'ils concernent les institutions et la sécurité. En revanche, ils sont vus avec méfiance dans des usages de la vie quotidienne.

Circonspects, les Français le sont à l'égard des technologies biométriques lorsque celles-ci entrent dans leur vie quotidienne. En revanche, ils se montrent moins réservés sur ces dispositifs quand ces usages touchent à des fonctions régaliennes. C'est ce qui ressort d'une étude (.pdf) du centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie (CREDOC), mise en lumière par la CNIL.

"76 % se disent d’accord pour que des informations biologiques personnelles soient conservées dans des fichiers de police pour identifier les auteurs d’infraction et 65 % se disent personnellement favorables à l'intégration d’informations biométriques dans la carte nationale d’identité", écrit le CREDOC, qui constate que la méfiance croît au-delà "d'une utilisation dans un cadre institutionnel et à des fins sécuritaires".

Oui pour les fonctions régaliennes, non pour la vie courante

Sur les six autres cas de figure présentés aux sondés, aucun ne remporte un soutien aussi net. Si les avis sont assez partagés sur l'usage de la biométrie pour contrôler l'accès au lieu de travail (44 % sont favorables, 53 % défavorables, le reste ne se prononçant pas), la réserve est très nette lorsqu'il est question d'utiliser la biométrie comme moyen de paiement (27 % pour, 72 % contre).

Les autres usages de la biométrie évoqués par le CREDOC s'inscrivant dans le cadre de la vie quotidienne (déverrouiller l'accès au téléphone ou à l'ordinateur, pointer les horaires sur le lieu de travail, servir de clé pour le domicile et s'identifier pour les loisirs (piscines, clubs, bibliothèques, médiathèques) sont également boudés par les Français, à des degrés divers.

De façon générale, une petite moitié des sondés (46 %) estime que le choix de faire appel ou non à ces technologies doit être laissé à l'usager. Par voie de conséquence, cela signifie que les services mettant en œuvre la biométrie doivent faire preuve de transparence et renseigner clairement l'utilisateur, afin de limiter les risques de collecte à l'insu des principaux intéressés.

Empreintes digitales

Sur le point spécifique des empreintes digitales (les technologies biométriques concernant également les reconnaissances faciale et de l'iris), une même part des sondés estime que ces dispositifs peuvent faciliter leur quotidien. Un petit quart (23 %) va même jusqu'à considérer cette méthode comme "sûre" et capable "[d'éviter] la fraude et les usurpations d'identité".

Cette opinion est contestée par une autre frange des Français, plus importante. 31 % d'entre eux jugent "qu'utiliser les empreintes digitales dans les actes de la vie courante comporte des risques pour la vie privée et ne devrait pas être possible".

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