Cible particulière des États-Unis, le Brésil a demandé des explications à Washington sur son programme de surveillance. Par ailleurs, Brasilia annonce son intention d'agir dans le cadre de l'ONU pour obtenir une révision des traités en matière de communications, afin de renforcer la confidentialité des échanges.

Superpuissance en devenir, le Brésil sera incontestablement l'un des grands rivaux des États-Unis sur le continent américain. Or, cette montée en puissance est suivie de très près par les services de Washington. C'est ce qu'a révélé indirectement le quotidien brésilien O Globo ce dimanche. Selon les informations du journal, le Brésil est sous surveillance particulière des USA depuis au moins dix ans.

Brasilia était-elle au courant des activités américaines ? A-t-elle passé un accord avec les services de renseignement américains, à l'image des liens tissés avec ceux situés en Europe ? Au regard des récentes révélations, dont certaines évoquent des échanges de données avec les agences allemandes, difficile de croire que le pays n'était pas au courant. Mais dans un cas comme dans l'autre, le Brésil ne pouvait que s'indigner.

Depuis la publication de l'article d'O Globo, notamment co-signé  par Glenn Greenwald, le journaliste du Guardian ayant révélé l'affaire PRISM, le Brésil a interpellé les États-Unis pour obtenir des clarifications sur l'étendue des activités de surveillance sur son territoire.

En particulier, Brasilia s'interroge sur la nature des liens entre des compagnies de télécommunications locales et leurs homologues du nord. Si aucun nom n'a été livré, une partie de la méthode pour récupérer et analyser les communications brésiliennes a été dévoilée. Selon O Globo, c'est via les firmes brésiliennes que les sociétés américaines ont pu renseigner – volontairement ou non – les agences fédérales.

Suite à ces nouveaux éléments, le gouvernement de Dilma Roussef projette de demander une révision du règlement des télécommunications internationales (RTI), dont la dernière version avait été adoptée à Melbourne en 1988. Cela doit se faire via l'Union internationale des télécommunications (UIT), une agence des Nations Unies.

Selon le ministère des affaires étrangères, Antônio Patriota, cité par MercoPress, il s'agit de renforcer le secret des communications électroniques. La démarche du gouvernement brésilien s'inscrit dans un agenda particulier, puisque le pays est agité par un fort mouvement protestataire, démarré en mars. Cet autre dossier, bien qu'éloigné des raisons de la contestation, pourrait tout à fait l'alimenter.

Fin 2012, la conférence mondiale des télécommunications internationales s'est déroulée à Dubaï avec pour ambition de réviser le RTI. Les principaux pays occidentaux ont cependant fait barrage, dont la France. Mais depuis, l'affaire PRISM est apparue et pourrait rebattre les cartes. Cependant, qui peut raisonnablement penser qu'une quelconque refonte va effectivement mettre fin à cette surveillance ?

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