Google a dévoilé Loon, un projet consistant à délivrer un accès à Internet via des ballons-sondes déployées dans l'atmosphère. Un test grandeur nature a actuellement lieu en Nouvelle-Zélande, impliquant plusieurs dizaines d'aérostats et de testeurs.

Fin mai, nous nous intéressions à un projet ambitieux conduit par Google. Son but ? Utiliser des ballons dirigeables pour arroser de larges zones géographiques avec de l'Internet sans fil. Comment ? En utilisant tout simplement les espaces blancs, c'est-à-dire les bandes de fréquences actuellement inutilisées et qui sont situées entre deux couches de radiodiffusion. L'idée semblait un peu folle.

Mais c'est oublier la détermination de la firme de Mountain View lorsqu'il s'agit de mener des programmes audacieux. Ainsi, l'entreprise américaine a dévoilé sa dernière idée issue de son laboratoire Google X Lab. Baptisé Loon, le projet consiste à fournir un accès à Internet via des ballons déployés dans la stratosphère, à l'image des ballons-sondes envoyés pour les besoins de la météorologie et de l'astronautique.

"Nous pensons qu’il est possible de recourir à des flottes de ballons dérivant au niveau de la stratosphère pour fournir un accès à Internet aux zones survolées", explique Google. À terme, le groupe pense que cette solution pourra servir à "connecter des zones rurales, reculées et mal raccordées" ou des régions touchées par une catastrophe naturelle les privant des moyens de communication habituels.

"Nous n’en sommes qu’aux balbutiements du projet, mais nous avons d’ores déjà conçu un système qui utilise des ballons, transportés par le vent à des altitudes deux fois supérieures à celles des vols commerciaux, pour fournir un accès à Internet à des vitesses comparables, voire supérieures à celles des réseaux 3G actuels", ajoute la firme.

Déployés dans la stratosphère, c'est-à-dire à une altitude comprise entre 8 et 60 kilomètres, les ballons-sondes peuvent-ils être gérés et positionnés comme le souhaite la firme américaine ? Car on peut facilement penser que ces aérostats vont dériver au gré des vents. Quid également des avions de ligne, qui volent généralement entre la troposphère et la stratosphère ?

"Grâce aux énergies solaire et éolienne, nous pouvons modifier l’altitude des ballons pour qu’ils utilisent les vents que nous souhaitons", explique la firme. Ainsi, les ballons-sondes sont en mesure de rester dans une zone donnée tout en se maintenant à une certaine altitude. Concernant la gestion de cette flotte, Google a élaboré "des algorithmes et des systèmes informatiques complexes".

Actuellement, Google expérimente ce projet en Nouvelle-Zélande. Plus de trente ballons ont été envoyés dans l'atmosphère cette semaine. Au sol, cinquante testeurs essaient de s'y connecter et de maintenir une liaison. "Jamais auparavant nous n’avions lancé autant de ballons et tenté d’établir une connexion avec autant de récepteurs au sol".

Si le projet est captivant, Google rappelle "qu'il s'agit d'une technologie expérimentale et il reste encore beaucoup à faire". "Avec le temps, nous aimerions mettre en place des programmes pilotes dans des pays à la même latitude que la Nouvelle-Zélande". L'entreprise espère en outre améliorer la conception des aérostats et la qualité des technologies embarquées.

Google souhaite enfin trouver des partenaires "pour la prochaine étape de notre projet" et "recueillir les avis et les suggestions de personnes qui se sont attaquées à cet énorme défi technologique bien avant nous". Et Google de se projeter déjà dans le futur "un jour peut-être, vous pourrez utiliser votre téléphone mobile avec votre fournisseur d’accès actuel pour vous connecter aux ballons et naviguer sur Internet dans les zones qui en sont aujourd’hui dépourvues".

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