Son test a fait le tour du web. Lundi, la blogueuse Klaire publiait un test de 20 plateformes ayant reçu le label Hadopi, et montrait par l'exemple l'étendue des difficultés pour la consommation légale de vidéos payantes sur Internet. Deux jours plus tard, l'Hadopi répond en sortant les bouées de sauvetage.

En début de semaine, la blogueuse Klaire a publié un test intégral des 20 plateformes de vidéos en ligne ayant reçu de la part de la Hadopi le fameux label PUR, lequel s'est révélé totalement désastreux. Sur 20 plateformes testées, 16 ont posé problème. L'une des raisons, outre le peu d'attention que portent les ayants droit à la qualité de l'offre légale — en tout cas beaucoup moins qu'à la consommation de l'offre illégale, est  que la Haute Autorité ne dispose quasiment d'aucun pouvoir de refuser son label tant qu'il n'y a pas de piratage déclaré.

Néanmoins, l'Hadopi a tenu à réagir au très populaire billet de Klaire, et a pris le soin de faire elle-même le service après-vente pour tenter de sauver l'honneur du label PUR.

La Haute Autorité publie ainsi sur son blog une réponse détaillée à chacune des critiques émises par Klaire, pour chaque plateforme, et la "remerci(e) pour l'investissement qu'elle a consacré à la conduite de ce test". Souvent, l'Hadopi a contacté elle-même les services de vidéo en ligne pour avoir leurs explications, et les relayer.

Extraits :

Lardux : Les critiques de Klaire concernent le lecteur qui ne s’est pas affiché lors de la consultation du site. Le responsable du service a expliqué sur Facebook que ce dysfonctionnement pouvait s’expliquer par un piratage informatique dont la plateforme a fait l’objet.

Carlotta VOD : Les critiques portent sur le lecteur, incompatible avec le navigateur Chrome et le fait que le film, acquis pour 0,50€ est disponible gratuitement et légalement sur une plateforme de type UGC. Le responsable du site a été contacté par l’Hadopi. Il a indiqué que le site a été conçu alors que Chrome n’avait qu’une très faible part de marché, ce qui explique la non compatibilité à ce stade. Toutefois, une évolution du site qui permettrait la lecture sur Chrome est à l’étude.

VODmania  : Les critiquent portent sur le système de paiement et sur un dysfonctionnement du lecteur. La responsable du site a été contactée par l’Hadopi. Elle nous a indiqué qu’elle rencontrait des soucis de ressources humaines et s’est engagée à résoudre ce problème dès que possible. Elle nous a par ailleurs fait part de son souhait de faire évoluer les formules de paiement.

VirginMega : La critique porte sur le catalogue et l’ergonomie du service. En effet, le catalogue de série serait insuffisant selon Klaire, et il n’y aurait aucune indication sur la langue de la vidéo et la présence de sous-titres. De même, la vidéo ne serait pas lisible sur Mac. Contacté par l’Hadopi, le responsable nous a indiqué que VirginMega propose un catalogue important de films et que 95 % des films sont en VOST et en VF. Il nous a également signalé que la possibilité de proposer du multiformat pour Mac et PC serait à l’étude.

Sera-ce suffisant pour ®établir la réputation du label ? Rien n'est moins sûr. Mais la Haute Autorité ne pouvait faire guère mieux, tant que le législateur n'édictera pas des critères plus contraignants que la seule légalité pour octroyer ou non un label de qualité.

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