Les indépendants ont le vent en poupe. Six mois après l'ouverture de son service de vidéo à la demande (VOD) pour cinéphiles, le grenoblois Cinézime étend l'accès à son catalogue de films indépendants à l'ensemble du monde francophone.

Créé par quatre grenoblois passionnés de cinéma, Cinezime.fr est une plateforme de vidéo à la demande entièrement réservée aux indépendants qui ne trouvent pas leur place sur les services grand public tels que CanalPlay. Il s’agit en quelque sorte de l’équivalent VOD du cinéma d’art et essai, adressé aux véritables cinéphiles prêts à sortir le porte-monnaie pour visualiser des films dont ils n’ont pourtant jamais entendu parler chez Michel Drucker.

« Ce sont des films qui sont souvent très difficiles à trouver en vidéoclub« , nous explique Orna Ghenassia de Cinézime. « Il y avait une véritable demande et ce sont des films qui n’intéressent pas les autres chaînes de vidéo à la demande« , précise-t-elle. On trouve sur le service des longs métrages bien sûr, mais surtout des courts comme Test de Didier Rouget avec Vincent Elbaz et Romane Boringer, ou encore Fallait pas buter mémé, un court métrage signé Olivier Bardy, acclamé dans les festivals. Tous sont disponibles en location de 48 heures ou à l’achat en téléchargement, sous un format Windows Media 9 avec DRM. Les tarifs sont calculés principalement sur la durée de la vidéo, et il peuvent semblent élevés ; jusqu’à plus de 15 euros pour le téléchargement d’un long métrage. Mais « ce sont des films très rares qui coûtent encore plus cher en vidéoclubs, et les gens qui viennent sur Cinézime ne cherchent pas des films pas chers mais des films de qualité« , défend Orna Ghenassia. Même au pays du numérique la rareté fait le prix.

Lorsque la société a été créée en septembre 2004, les producteurs étaient très frileux face à cette nouveauté qu’ils ne connaissaient pas du tout. Il a fallu que Cinézime se batte pour obtenir les droits sur des films pourtant très peu diffusés par ailleurs. Le lancement officiel en septembre 2005 a toutefois coïncidé avec la sortie des services de VOD de Canal+ et de TF1, qui ont permis de faire enfin entrer la VOD dans les meurs des producteurs. « Depuis ils veulent tous en être, c’est plutôt à la mode« , nous confie O. Ghenassia. Cinézime, qui compte une centaine de vidéos à son catalogue, espère glisser sur cette vague pour au moins doubler ce catalogue d’ici la fin 2006.

Jusque là réservé à la France, le service commence à s’étendre à l’ensemble du monde. 50 % du catalogue est déjà accessible dans le monde entier.

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