Les obstacles à franchir pour se lancer dans la vidéo à la demande avec abonnement (SVOD) sont nombreux. Confronté à sa réalité financière et au manque de fiabilité de ses partenaires potentiels, TF1 a préféré reculer et mettre ses ambitions au placard.

Le développement du marché de la vidéo à la demande avec abonnement (SVOD) se fera pour le moment sans TF1. La première chaîne française a finalement choisi de suspendre ses projets dans ce domaine suite à un regard objectif sur la situation : non seulement cette aventure va lui coûter cher, mais en plus les partenaires potentiels contactés jusqu'à présent n'ont pas donné entière satisfaction.

C'est le cas de M6. Selon BFM TV, les relations entre les deux chaînes se sont considérablement refroidies après un durcissement de la concurrence entre les régies publicitaires. Par ailleurs, plusieurs sorties dans la presse du président du directoire de M6, ont vivement agacé TF1. En effet, l'existence de négociations a été démenti par M6, celui-ci affirmant ne pas avoir besoin de TF1 pour se développer.

Outre les difficultés à s'accorder avec M6, TF1 a évalué l'investissement dans la SVOD à 50 millions d'euros minimum pour convaincre les studios américains de participer au projet. Or, la première chaîne n'a plus la même santé financière que dans les années 2000. Il lui faut réduire la voilure, diminuer ses coûts de fonctionnement et se concentrer sur des projets sûrs et rentables.

La législation française en matière de vidéo à la demande avec abonnement a certainement pesé dans la balance, même si le décret SMAD n'est pas cité parmi les principales raisons du renoncement de TF1. Ce décret liste un certain nombre d'éléments à satisfaire dont celui de la production des œuvres, c'est-à-dire de financement. Le patron de TF1 s'en plaignait justement en début d'année.

"Quand vous voulez faire de la VOD par abonnement et que vous êtes Amazon, vous vous installez au Luxembourg et vous n'êtes pas soumis au décret SMAD". "C'est cela le système français. Il n'y a pas de chiffre d'affaires et on invente déjà des obligations qui doivent faire que, si un jour il y a des revenus, cela finance quelque chose. On ne se pose même pas la question de savoir si cela va être rentable".

Plus que jamais, l'arrivée d'une offre SVOD promue par TF1 s'éloigne.

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