L'un des adversaires de Nathalie Kosciusko-Morizet a dénoncé jeudi un piratage du fichier des inscriptions aux primaires UMP, qui abonde les soupçons pouvant peser sur la sécurité et la sincérité du vote par Internet mis en place par la fédération UMP de Paris.

Mercredi, Numerama publiait une enquête sur l'opacité du vote par internet organisé par la fédération UMP de Paris, pour désigner son candidat à l'élection municipale de 2014. Nous montrions en particulier qu'il était impossible d'obtenir la moindre information précise sur les garanties de sécurisation du processus électoral, que le rapport d'audit préalable obligatoire n'avait toujours pas été examiné par la CNIL à deux jours du scrutin, que l'UMP se reposait sur une délibération de la CNIL qui déconseille pourtant explicitement de recourir au vote par internet pour des élections politiques, ou enfin que les fraudes étaient largement facilitées par le choix du mode de contrôle de l'identité des électeurs.

Or avant même que ne débute le scrutin, les accusations de fraudes commencent à tomber. Jean-François Legaret, le maire du 1er arrondissement de Paris et l'un des adversaires de Nathalie Kosciusko-Morizet dans ces primaires, a ainsi dénoncé jeudi matin les conditions d'organisation du vote.

"Je reçois de très nombreux témoignages de piratages du fichier des inscriptions", a-t-il écrit sur Twitter, sans être plus précis sur l'utilisation qui en serait faite. "Tout cela est de nature à remettre en cause le scrutin. Il faut que ces primaires soient irréprochables, c'est ma première préoccupation".

Avec le système de vote choisi par l'UMP, n'importe quel internaute peut prendre n'importe quel nom dans l'annuaire parisien, et tenter de s'inscrire pour voter à la primaire UMP. Si le nom ne figure pas sur les listes électorales, un message d'erreur est affiché et il faut alors saisir un autre nom. Les identifiants nécessaires au vote sont envoyés par courriel, et le code de vérification est envoyé par SMS, l'adresse e-mail et le numéro de téléphone étant saisis par l'inscrit.

Rien n'est donc envoyé au domicile présumé de l'électeur, dont l'identité peut ainsi être exploitée à son insu, sans qu'il n'en soit jamais informé. Jean-Charles Bossard, le responsable Internet de la fédération UMP de Paris en charge de la mise en place du vote électronique, nous a assuré que des mesures de contrôle seraient mises en oeuvre pour vérifier l'identité des votants, notamment grâce au moyen de paiement utilisé pour régler les 3 euros de participations aux frais de vote. Mais rien ne dit qu'elles seront systématiques, ni efficaces. 

Sur le site des primaires, un message rappelle au moment de l'inscription que "le fait d'usurper l'identité d'un tiers ou de faire usage d'une ou plusieurs données de toute nature permettant de l'identifier en vue de troubler sa tranquillité ou celle d'autrui, ou de porter atteinte à son honneur ou à sa considération, est puni d'un an d'emprisonnement et de 15 000 euros d'amende". Mais tout le problème est de savoir si ces recherches d'usurpations seront réalisées avec zèle, quel que soit le résultat affiché par l'urne électronique.

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