Parce qu'ils hébergeaient une copie du film Un Monstre à Paris, la justice italienne a décidé lundi de faire procéder au blocage immédiat de 27 sites internationaux d'hébergement et de téléchargement de fichiers. Sans qu'aucun n'ait eu la possibilité de s'en défendre.

Mise à jour : TorrentFreak rapporte que RapidGator a engagé l'avocat Fulvio Sarzana pour contester son blocage. En 2011, celui-ci avait déjà obtenu une ordonnance annulant le blocage de 493 noms de domaine concernés par une action en contrefaçon de marque commerciale. Cet appel va permettre à Rapidgator d'accéder au dossier, pour voir notamment si la demande de saisie du domaine a progressé. Certains des FAI qui ont reçu l'ordre de bloquer les 27 sites auraient également déposé un recours.

Article du 15 avril 2013 – 

C'est du jamais vu depuis que les Etats-Unis ont procédé à la saisie de plus de 70 noms de domaine en mai 2010. En Italie, les autorités ont procédé ce lundi au blocage de 27 sites de téléchargement, dont la plupart sont couramment utilisés pour des applications légales, sans que le moindre procès soit organisé pour permettre à leurs propriétaires de se défendre, et de protéger les intérêts de leurs clients qui ne peuvent plus accéder à leurs fichiers.

L'opération a été montée par le Procureur de la République de Rome, sur la seule plainte du distributeur italien du dessin animé Un Monstre à Paris, qui s'est plaint le 27 février 2013 de la disponibilité de copies pirates du film sur les sites de téléchargement. Le film, sorti en octobre 2011, n'avait été diffusé en Italie qu'en novembre 2012. 

En un mois, la police a identifié 27 plateformes à bloquer au niveau des FAI, dont Uploaded, Nowvideo, Nowdownload, Videopremium, Rapidgator, Bitshare, Cyberlocker et Clipshouse. Aucune indication n'a été donnée sur les raisons pour lesquelles ces plateformes-là ont été bloquées en particulier, n'étant certainement pas les seules sur lesquelles se trouvait une copie accessible publiquement du film Un Monstre à Paris.

"La société plaignante a naturellement ses raisons" d'avoir demandé le blocage, commente l'avocat italien Fulvio Sarzana di Sant'Ippolito, spécialiste du droit pénal lié à internet. "Mais on peut se demander pourquoi 27 portails à travers le monde, dans leur intégralité, avec des millions de fichiers y compris privés, qui rassemblent des millions et des millions d'utilisateurs, ont été rendus inaccessibles à des millions d'Italiens, pour un dessin animé".

Loin de se dire qu'elle a trop loin, la justice italienne espère désormais obtenir une collaboration internationale pour faire saisir les noms de domaines des sites en cause.

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