Dans un climat social où l'évasion fiscale et l'égocentrisme financier sont de plus en plus mal perçus, Xavier Niel a affirmé lundi matin sur Europe 1 qu'il voulait "aider le pays qui lui a permis d'exister".

Xavier Niel était ce lundi l'invité de Bruce Toussaint sur Europe 1, où il a été largement question de la fortune du fondateur de Free dans le contexte lourd de l'affaire Cahuzac, et des soupçons qui pèsent sur les élites françaises.

Dans un long portrait que lui consacrait Mediapart en début d'année, Xavier Niel était décrit comme ayant "épous(é) les rites de ces milieux d’affaires richissimes, jusqu’à élire domicile Villa Montmorency, le lieu le plus huppé du XVIe arrondissement de Paris qui abrite aussi Vincent Bolloré, Arnaud Lagardère, Dominique Desseigne et quelques autres grands noms du capitalisme parisien". Mais l'homme d'affaires prend toujours soin de se démarquer de ses pairs.

Xavier Niel a ainsi critiqué les membres de "l'establishment", qui "s'entendent" et "jouent un rôle face aux Français", et qui ne pensent pas à la redistribution de leur fortune pour "servir le plus grand nombre". Il assure, à propos de la fondation de l'école de programmation gratuite 42 qu'il vient de lancer, qu'il s'inspire du "modèle américain" qui veut que "quand vous avez réussi dans un pays, à partir d'un moment c'est à vous d'aider ce pays".

Lui qui est né "à Créteil dans une famille plutôt normale", se dit redevable d'un pays qui lui a "permis de (m')en sortir, d'exister et de gagner plutôt bien (m)a vie".

Repenti, Xavier Niel reconnaît qu'il a détenu par le passé "des comptes à l'étranger dans des pays avec une fiscalité réduite", et qu'il a "même été condamné pour ça". Il déclare payer autour de 50 % d'impôts, ce qui n'est "pas choquant en soi".

En plein Offshore Leaks (dont on peut s'étonner de l'ampleur médiatique alors qu'il existe des évasions fiscales beaucoup plus criardes et imposantes dont l'on parle très/trop peu), le fondateur de Free affirme par ailleurs ne détenir aucun compte personnel aux Caïmans, et laisse entendre que si certaines des quelques 900 sociétés dans lesquelles il a investi sont établies dans des paradis fiscaux, c'est parce qu'elles y auraient des activités sur place.

Néanmoins, Xavier Niel se montre très réservé sur le flot de soupçons et d'accusations qui pourraient suivre l'affaire Cahuzac. "On pousse les extrêmes à monter, on prend le risque de renverser le système, (…) on a des risques d'avoir des suicides et des choses comme ça dans ces dossiers", craint-il.

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