La transparence et la sécurité sont les deux grands enjeux du vote électronique. Si ce dispositif a démontré son opacité, est-il sûr ? Aux États-Unis, une tentative de fraude au vote électronique a été déjouée. Mais si cette attaque a été repérée, rien ne permet de dire que toutes les autres le seront.

À de multiples reprises ces derniers mois, Numerama a cherché à mettre en exergue l'opacité de l'organisation du vote électronique au regard de l'enjeu démocratique que ce mécanisme représente. Car en effet, comment garantir la sincérité du scrutin si le dispositif, qui sollicite la confiance des électeurs, n'est ni transparent ni contrôlable par n'importe quel citoyen ?

Le risque d'une manipulation des résultats, éventuellement à grande échelle, d'un scrutin employant le vote électronique n'est donc pas à exclure. Car avec la question de l'opacité arrive celle de la sécurité. Comment se prémunir contre des attaques visant à truquer une élection ? Que faire si l'une d'elles parvient à pénétrer le système, à supposer qu'elle soit détectée ?

En Floride, les autorités se les posent peut-être depuis qu'une attaque informatique a visé le système de vote électronique. Selon le magazine V3, l'État a confirmé une tentative d'intrusion dans son système. Celle-ci a échoué grâce aux mesures de sécurité prévues par les concepteurs du dispositif, qui ont permis de détecter une activité anormale dans les schémas de trafic des internautes.

L'enquête conduite suite à cette découverte a permis de tracer les attaques jusqu'en Inde, au Royaume-Uni et en Irlande. Cependant, il n'est pas certain que ces trois pays aient été le point de départ de l'attaque informatique. Les attaquants ont vraisemblablement exploité des serveurs mandataires pour faire transiter l'attaque via ces pays, afin de masquer leur véritable localisation.

Si l'attaque n'a pas affecté le bon déroulement du scrutin, l'affaire révèle les menaces qui pèsent et qui vont certainement peser de plus en plus sur le vote électronique à mesure que celui-ci va se généraliser. Les systèmes n'étant pas infaillibles, certains seront sans doute piratés par des personnes mal intentionnées pour modifier arbitrairement le résultat. Avec toutes les conséquences politiques que ça implique.

Dès lors, il ne s'agit pas de savoir quand ça arrivera mais plutôt de se demander si chaque tentative sera détectée.

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