Rares sont les occasions de parler de romans sur Ratiatum. Mais Les Enfants du Plastique de Thomas Clément n'est pas qu'un simple roman. C'est une diatribe contre les dérives marketing de l'industrie du disque...

Nous sommes en 2010. Universal Music France est devenu UNIQUE Musique France, et Pascal Nègre a laissé sa place de PDG à Franck Matalo, « un manager, un money-maker, un cost-killer, un faiseur d’argent, un tueur de coûts« . Miroir de notre Pascal Nègre actuel en plus cynique, un Pascal Nègre a qui l’on aurait retiré le petit dernier grain d’amour de la musique qu’il pouvait rester dans son tourne disque, remplacé en 2010 par le TéléPod. Franck Matalo a brisé les coûts de production, remplacé les chanteurs par la voix synthétique générée par ordinateur, calculé la musique qui va bien par Elvis, le superordinateur d’UNIQUE Musique France. La douce et sans saveure Loli-Zée fait un carton sur les sites de téléchargements et la Star Academy s’est institutionalisée. Tout va bien dans le meilleur des mondes du business de la musique jusqu’à ce qu’un évènement tragique pousse Franck Matalo à commettre l’impensable.

Du jour au lendemain, Matalo décide de mettre toute l’énergie et le capital d’UNIQUE dans la promotion d’Intestin, un groupe punk-rock tout droit sorti d’une poubelle, dont la vulgarité patente ferait passer Joey Starr pour une danseuse. Sex, Drugs and Rock’n Roll, le rock’n Roll en moins, Intestin brise l’univers musical aseptisé de 2010, mais au prix d’une terrible révélation…

Thomas Clément signe là un premier roman aux tons beigbeddiens d’une grande force, et d’une grande noirceur. Cynique et ragoûtant, drôle et incisif, Les enfants du plastique est un roman… que l’on ose pas qualifier de prospectif.

Edité chez Au Diable Vauvert, ISBN : 2846260982.

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